Dons d’argent aux enfants : ce qu’il faut savoir pour payer moins d’impôts
Les dons d’argent aux enfants : sont-ils déductibles des impôts ?
De plus en plus de parents donnent de l’argent à leurs enfants majeurs pour faire face à la hausse du coût de la vie. Ces aides peuvent prendre différentes formes. Certaines sommes ne sont pas imposables, mais elles ne sont pas non plus totalement invisibles pour l’administration fiscale. Selon leur montant, leur fréquence et la relation parentale, elles peuvent être exonérées, nécessiter une déclaration ou entrer dans le calcul des droits de donation. Il est important de distinguer entre aides ponctuelles, pensions alimentaires et dons familiaux, car chaque situation suit des règles spécifiques.
Une aide ponctuelle est rarement déductible
Lorsque qu’un parent donne de l’argent à son enfant pour couvrir des dépenses quotidiennes, cette somme n’est généralement pas déductible de l’impôt sur le revenu. Un simple virement pour payer un loyer, une voiture ou des vacances est considéré comme un don classique. En revanche, si l’enfant majeur est dans le besoin et n’est plus rattaché au foyer fiscal de ses parents, il peut éventuellement bénéficier d’une déduction pour une pension alimentaire. Cette déduction concerne principalement les frais liés au logement, à la nourriture ou aux études.
Les pensions alimentaires donnent droit à une déduction
Les parents versant une pension alimentaire à un enfant majeur non rattaché à leur foyer peuvent la déduire de leurs revenus imposables. Cependant, cette déduction est limitée par un plafond annuel fixé chaque année. Pour la déclaration en 2026 concernant les revenus de 2025, ce plafond peut atteindre plusieurs milliers d’euros par enfant, à condition que celui-ci soit indépendant et dispose de faibles ressources. La déduction est souvent plus avantageuse fiscalement qu’un simple don d’argent, surtout si l’aide est régulière. Il faut toutefois que les sommes versées correspondent à des dépenses nécessaires et qu’elles soient déclarées par l’enfant bénéficiaire.
Les dons familiaux : une exonération spécifique
Un régime particulier s’applique aux dons d’argent entre membres de la famille. Chaque parent peut donner jusqu’à 31 865 euros à chacun de ses enfants tous les quinze ans sans devoir payer de droits de donation. Pour bénéficier de cette exonération, plusieurs conditions doivent être respectées. Le parent donateur doit avoir moins de 80 ans au moment du don, et l’enfant doit être majeur ou émancipé.
Les règles pour éviter la taxation
Exonérations et abattements peuvent se cumuler
Le plafond de 31 865 euros n’est pas le seul avantage. Il peut se cumuler avec l’abattement classique de 100 000 euros applicable entre un parent et son enfant. Ainsi, un parent peut transmettre jusqu’à 131 865 euros à son enfant sans payer de droits. Si deux parents donnent chacun cette somme, l’enfant peut recevoir jusqu’à 263 730 euros en quinze ans, sans taxation. Chaque parent peut appliquer ces plafonds séparément.
Une déclaration obligatoire même en cas d’exonération
Même si le don est totalement exonéré, il doit être déclaré à l’administration fiscale. À partir du 1er janvier 2026, cette déclaration devra se faire en ligne via l’espace personnel sur le site des impôts, dans la rubrique dédiée aux dons. Les contribuables qui ne peuvent pas faire la déclaration en ligne devront continuer à remplir le formulaire n°2735 en double exemplaire.
Respecter un délai d’un mois
La déclaration du don doit être effectuée dans le mois qui suit la remise de l’argent. Ce délai est crucial, car en cas de retard, l’exonération spécifique de 31 865 euros peut être perdue. Par exemple, un parent qui donne 80 000 euros à son enfant doit agir rapidement pour que la somme bénéficie à la fois de l’exonération sur les dons familiaux et de l’abattement classique. En cas de non-respect de ce délai, l’administration fiscale pourrait considérer qu’il s’agit d’une donation taxable, avec des droits élevés à payer.



Laisser un commentaire