2 000 € par mois : le Medef redéfinit la richesse des retraités
Un seuil de 2 000 € brut par mois considéré comme riche par le Medef
Selon le Medef, un retraité percevant 2 000 € brut par mois serait considéré comme « aisé ». Le président de l’organisation, Patrick Martin, a fixé ce chiffre comme la nouvelle frontière de la richesse pour les pensionnés. Au-delà de ce seuil, il propose qu’un effort financier supplémentaire soit demandé. Cette proposition, qui suscite le débat, vise à redéfinir la fiscalité des retraités en vue de la présidentielle de 2027.
Une taxe accrue pour financer la baisse des cotisations
Dans un document intitulé « Cartes sur table 2026 », le Medef propose d’augmenter la taxation des retraités considérés comme aisés. L’objectif est de récolter 6 milliards d’euros pour financer une réduction importante des cotisations sociales. Concrètement, cette mesure concernerait les pensions dépassant le seuil de 2 000 euros, en deux étapes.
Une vision qui divise : 2 000 € par mois, déjà considéré comme « riche »
Ce seuil peut surprendre au regard des chiffres officiels. Selon la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES), la pension moyenne en France en fin 2024 était de 1 705 euros brut. Le seuil fixé par le Medef dépasse cette moyenne de 295 euros. Pour une personne seule, vivre avec ce montant implique déjà de faire face à des charges fixes importantes, comme le loyer en zone urbaine ou une mutuelle santé, dont le coût augmente après 60 ans.
Une perte annuelle estimée à 888 € en cas de mise en place
Le projet prévoit deux mesures principales. La première consiste à aligner le taux de CSG des retraités sur celui des actifs, soit 9,2 %. Pour un retraité touchant 2 000 € brut, actuellement soumis à un taux moyen de 6,6 %, cela représenterait une hausse de 2,6 points, entraînant une perte d’environ 624 euros par an.
La seconde mesure serait la suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, jugé « aberrant » par Patrick Martin. Sa suppression augmenterait le revenu imposable de 2 400 euros, entraînant une hausse d’impôt d’environ 264 euros. Au total, ces mesures entraîneraient une perte annuelle de 888 euros pour un retraité touchant 2 000 € brut. Curieusement, un retraité percevant 2 500 € et déjà soumis à un taux plein de CSG (8,3 %) subirait une hausse moins importante.
Une proposition rejetée mais avec une hausse de la TVA
Le plan du Medef, notamment l’alignement de la CSG, a été rejeté par le Parlement le 13 novembre 2025, par 213 voix contre 17. Pour l’instant, il s’agit d’une proposition de campagne, non d’un projet de loi.
En complément, le Medef propose une augmentation de la TVA de 2,3 points, passant de 20 % à 22,3 %. Cette hausse toucherait tout le monde, mais aurait un impact particulièrement lourd sur les retraités, dont une part importante consacre l’essentiel de leurs revenus aux dépenses courantes. Une telle mesure représenterait une nouvelle ponction sur leur pouvoir d’achat.



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