Retraites Agirc-Arrco : la CFDT réclame une revalorisation historique

Le débat sur le pouvoir d’achat des retraités prend une nouvelle tournure. Alors que les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont restées gelées depuis novembre 2025, la CFDT réclame désormais une revalorisation au moins égale à l’inflation, voire un rattrapage. Cette demande soulève une question : faut-il traiter différemment les retraites complémentaires et les pensions de base ?

Une position qui pourrait influencer les négociations

Lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de l’information sociale le 3 septembre 2026, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a indiqué que les partenaires sociaux pouvaient envisager une revalorisation des pensions Agirc-Arrco après une année sans augmentation. Elle a également souligné que le régime dispose de réserves financières importantes, d’environ 90 milliards d’euros. En revanche, la situation financière des retraites de base est très différente, avec un déficit de 6,6 milliards d’euros en 2025.

Pourquoi la CFDT insiste-t-elle sur les retraites complémentaires ?

Une volonté de rattraper le retard de 2025

Depuis novembre 2025, les pensions Agirc-Arrco n’ont pas été revalorisées, faute d’accord entre syndicats et organisations patronales. Pourtant, le résultat financier du régime était positif de 1,4 milliard d’euros en 2025. Pour Marylise Léon, cette situation justifie une approche différente lors des prochaines négociations. Elle estime qu’il faut prendre en compte l’absence de hausse pendant une année et envisager un rattrapage. La revalorisation des pensions complémentaires concerne aussi de nombreux retraités du privé, dont ces revenus représentent une part essentielle.

Les réserves importantes de l’Agirc-Arrco

Le régime complémentaire dispose d’un coussin financier conséquent. Fin 2025, ses réserves techniques s’élevaient à 92,1 milliards d’euros, et ses réserves totales atteignaient 113,6 milliards, selon le Conseil d’orientation des retraites. Ces fonds permettent de sécuriser le versement des pensions futures et de faire face aux déséquilibres démographiques ou économiques. Toutefois, une partie de ces réserves est aussi destinée à garantir la stabilité du régime à long terme.

Une possible révision des règles de revalorisation

Le sujet arrive à un moment stratégique, car l’accord national interprofessionnel encadrant le pilotage de l’Agirc-Arrco pour 2024-2026 arrive à son terme. Le mécanisme actuel de revalorisation est basé sur l’inflation hors tabac, diminuée de 0,4 point, avec une marge d’ajustement de 0,4 point. Les partenaires sociaux devront donc négocier de nouvelles règles pour les années à venir.

Pourquoi les pensions de base ne peuvent-elles pas suivre le même rythme ?

Une gestion plus prudente du régime de base

Le système de retraites obligatoires affiche un déficit de 6,6 milliards d’euros en 2025, après avoir enregistré un excédent de 3,8 milliards en 2023, selon la Cour des comptes. Dans ce contexte, augmenter fortement les pensions de base représenterait une dépense supplémentaire pour un système déjà sous pression. La CFDT se montre donc plus réservée quant à l’alignement total des revalorisations avec celles des complémentaires, car celles-ci dépendent largement des cotisations, des impôts et des transferts publics.

Un écart potentiel entre les deux types de pensions

Une indexation plus généreuse des pensions Agirc-Arrco que des pensions de l’Assurance retraite créerait un décalage entre ces deux composantes. Pour un retraité du privé, cela pourrait se traduire par une progression plus rapide de sa pension complémentaire que de sa pension de base. Lorsqu’inflation réduit le pouvoir d’achat, même quelques dixièmes de point peuvent représenter plusieurs dizaines d’euros d’écart annuel.

Un enjeu dépassant le seul montant des pensions

Au-delà de la question financière, cette polémique soulève aussi le futur du paritarisme. L’Agirc-Arrco est géré par les partenaires sociaux, contrairement au régime de base, qui dépend largement des pouvoirs publics. Marylise Léon insiste sur la nécessité pour syndicats et patronat de parvenir à des compromis. Un échec dans ces négociations pourrait fragiliser cette gestion paritaire et affecter la place du pouvoir d’achat dans les futures discussions.

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