Retraite : comment préparer ses finances 5 ans avant son départ ?

À cinq ans de la retraite, la dernière ligne droite commence. Pension, relevé de carrière, épargne, PER ou rachat de trimestres : plusieurs arbitrages restent possibles pour sécuriser ses revenus et éviter les mauvaises surprises.

À cinq ans de la retraite, il est encore temps d’agir. Avant de réorganiser son épargne ou de fixer une date de départ, il y a une autre priorité : savoir précisément ce que l’on touchera à la fin de sa vie professionnelle. Premier réflexe, donc : passer son relevé de carrière au crible. « Pourquoi j’ai zéro trimestre à cette période alors que je travaillais ? Pourquoi j’en ai seulement trois alors que j’ai travaillé toute l’année ? », voilà les questions à absolument se poser selon Marilyn Vilardebo, présidente-fondatrice d’Origami&Co, cabinet d’audit et de préparation à la retraite.

Une année qui disparaît, des périodes de chômage ou de maladie mal reportées, un nombre de points de retraite complémentaire incohérent : certaines anomalies sont repérables sans être expert. Il faut ensuite projeter ses droits jusqu’à l’âge légal et simuler sa pension selon plusieurs dates de départ. « Je projette, en fonction de mes projets, plusieurs situations pour faire les calculs et voir l’atterrissage à mon âge légal », explique Marilyn Vilardebo. Ce montant servira de point de départ à tous les arbitrages suivants.

Mesurer combien votre épargne devra rapporter

Une fois la future pension estimée, reste à la confronter au niveau de vie souhaité à la retraite. Si 2 500 euros par mois sont nécessaires et que les pensions n’en couvrent que 2 000, le patrimoine devra financer les 500 euros manquants. Ce calcul permet de déterminer le capital à conserver disponible et celui qui peut rester investi à plus long terme.

À mesure que l’échéance approche, l’objectif est aussi d’éviter qu’une forte baisse des marchés n’ampute le capital dont on aura rapidement besoin. Cela ne signifie pas vendre tous ses placements risqués cinq ans avant le départ, mais sécuriser progressivement la fraction de l’épargne destinée aux premières années de retraite, tout en conservant un horizon plus long pour le reste du patrimoine.

L’assurance-vie peut alors servir de réserve mobilisable grâce aux rachats partiels sans imposition après huit ans ou à la sortie en rente, tout comme le plan d’épargne retraite (PER) qui est très semblable, mais avec une fiscalité qui peut être différente à la sortie (si les versements ont été déduits). Le plus important est d’éviter de découvrir au moment du départ qu’une sortie importante en capital entraîne une facture fiscale élevée. François Junior Odzali, collaborateur associé chez Garantia & Associés, recommande ainsi d’anticiper l’arbitrage entre capital, rente ou sorties fractionnées, plutôt que d’attendre la liquidation pour s’en préoccuper.

Une fois la fiscalité bien comprise et anticipée, on peut préparer la baisse de revenus qui accompagne souvent le passage à la retraite en prévoyant des sorties de capital, fractionnées ou pas, sur le PER lorsque le contrat le permet ou l’assurance-vie. On peut également conserver une poche de liquidités pour les dépenses à court terme. Le but sera de déterminer dans quel ordre et à quel rythme le mobiliser une fois à la retraite.

Racheter des trimestres : ne visez pas le taux plein à tout prix

À cinq ans du départ, le rachat de trimestres constitue un autre levier, à condition d’en mesurer la rentabilité. Avant toute décision, il faut déterminer précisément combien de trimestres manqueront à l’âge légal et comparer le coût du rachat avec la pension supplémentaire obtenue ou les mois de retraite auxquels on renoncerait en travaillant plus longtemps.

« Plus le montant de ma pension de retraite est significatif, plus le rachat de trimestres vaudra le coup », explique Marilyn Vilardebo. Un assuré auquel il manque quatre trimestres pour obtenir le taux plein a plusieurs options : liquider sa retraite avec une décote, travailler une année supplémentaire pour acquérir les quatre trimestres manquants ou, lorsque sa situation le permet, les racheter afin de partir à taux plein sans attendre un an de plus.

Mais ce dernier ne doit pas devenir une fin en soi. « Le taux plein, ce n’est pas le Graal. Des fois, il y a 25 euros d’écart entre un taux plein et un taux minoré », prévient Marilyn Vilardebo. Autrement dit, dépenser plusieurs milliers d’euros pour supprimer une faible décote peut se révéler peu pertinent.

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Source : Capital.fr

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