Retraités : la fin de l’abattement de 10% se précise

Une mesure instaurée en 1978

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a confirmé vendredi sa volonté de supprimer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient actuellement les retraités. Dans le cadre des économies à réaliser pour le budget 2027, cette niche fiscale, mise en place en 1978, est devenue une cible prioritaire.

Origine et évolution de l’abattement

Ce dispositif a été créé en 1978 sous la gouvernance du Premier ministre Raymond Barre et la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. À l’origine, depuis 1950, chaque salarié pouvait bénéficier d’un abattement de 10 % pour simplifier la déclaration de ses frais professionnels non déclarés, avec un plafond fixé à 5 000 francs. Cependant, cette mesure ne concernait pas les retraités, qui ne sont plus en activité.

Ce n’est qu’en 1978 que le gouvernement Barre III a étendu cette déduction aux retraités dans sa loi de finances. À cette époque, l’abattement visait principalement à alléger la fiscalité des pensionnés, notamment ceux avec des revenus modestes ou moyens. La mesure a aussi permis de compenser le fait que leurs revenus étaient déclarés par des tiers (caisses de retraite), ce qui leur évitait de devoir déclarer eux-mêmes leurs revenus. Elle représentait une forme de bonus pour ceux qui ne pouvaient pas frauder le fisc.

Une mesure d’égalité et de soutien aux retraités

Ce dispositif a aussi été renforcé par la généralisation de l’AGIRC/ARRCO, ce qui a accru le nombre de retraités imposables. Il visait également à limiter l’impact de l’inflation, alors très élevée, sur le pouvoir d’achat des retraités. Aujourd’hui, cette niche fiscale représente une dépense fiscale d’environ 6 milliards d’euros par an. Elle se classe après d’autres dispositifs tels que le crédit d’impôt recherche ou celui pour l’emploi à domicile.

Un enjeu pour la majorité des retraités

En 2022, le revenu moyen des retraités s’élevait à 1 626 euros par mois, selon le rapport sur les retraités de 2024 de la DREES. Bien que leur niveau de vie reste modeste, il demeure légèrement supérieur à celui des actifs. La suppression de cette niche fiscale, envisagée par le gouvernement, pourrait donc entraîner une augmentation de l’impôt pour certains retraités. Cela concernerait également ceux qui ne sont pas actuellement imposables, mais pourraient le devenir si cette mesure était appliquée.

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