Ces patrons qui échangent leurs voitures contre des îles privées en Bretagne
Les îles privées en Bretagne : des trésors convoités par des grands patrons
En Bretagne, certains dirigeants d’entreprises remplacent leurs voitures de luxe par des îlots battus par les vents. Sur les 5 300 îles que compte la France, seulement une centaine à deux cents sont réellement privées. La majorité de ces îles se trouvent au large de la péninsule bretonne, notamment dans le golfe du Morbihan et l’archipel des Glénan.
Deux grands noms se distinguent parmi les propriétaires discrets : Vincent Bolloré, qui possède l’île du Loc’h, et la famille Mulliez, qui possède l’île de la Jument. Ces îles, souvent rudimentaires, servent parfois de lieux de retraite ou de séminaires d’entreprise. Leur environnement sauvage suscite à la fois la curiosité et la fascination des plaisanciers qui rêveraient d’apercevoir ces paradis privés.
La famille Mulliez et l’île de la Jument : un luxe simple et authentique
Située face à Arzon, l’île de la Jument, d’environ 8 à 10 hectares, doit son nom aux courants marins dont l’écume évoque la crinière d’une jument au galop. Elle a été achetée en 1986 par Stéphane Mulliez, fondateur de la chaîne de jouets Picwic et cousin de Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan. Il y a aménagé une maison de 300 mètres carrés et une petite anse pour l’accostage.
Stéphane Mulliez y organisait des séminaires à petit prix, autour de 89 euros la nuit. Le séjour y était décrit comme très « roots », avec de l’électricité solaire, de l’eau de pluie traitée mais rationnée. À sa mort en juin dernier, à 65 ans, il a laissé l’île à ses six enfants. Selon plusieurs sources locales, l’île est également partagée avec une famille belge, symbole d’un insulaire soigneusement entretenu.
Île du Loc’h : la propriété de Vincent Bolloré dans l’archipel des Glénan
Au sud du Finistère, l’île du Loc’h, qui fait partie de l’archipel des Glénan, appartient à la famille Bolloré depuis 1920. René Bolloré l’a achetée à cette époque. En 2010, Vincent Bolloré a racheté les parts de ses cousins pour environ 3 millions d’euros, s’offrant ainsi une propriété classée Natura 2000. L’île comprend un étang central où se posent des oiseaux migrateurs.
Malgré sa propriété privée, l’île du Loc’h doit rester accessible à tous jusqu’à la limite de la plus haute mer, en vertu de la législation française. Chaque été, des vacanciers viennent y poser leur serviette sur la plage. Pour limiter cette fréquentation, Vincent Bolloré a fait construire une barrière sur les dunes, ce qui a conduit à une condamnation en 2015 pour travaux illégaux. Son fils, Yannick Bolloré, a indiqué ne pas connaître tous les détails de cette affaire.
Autres îles bretonnes : un club fermé pour les grandes fortunes
Autour de ces deux îles, d’autres propriétés privées existent, souvent changées de mains discrètement. À Séné, l’île de Boëdic, de 7 hectares, a été rachetée pour environ 4 millions d’euros par Christian Latouche, fondateur de Fiducial. Des travaux importants ont été réalisés, notamment dans un « château » de seize pièces et une longère redessinée dans un style moderne.
Dans le golfe du Morbihan, l’île de Gavrinis, célèbre pour son cairn néolithique, appartient depuis 2006 à Pierre-Ange Le Pogam, producteur de musique. La moitié nord de l’île est accessible au public, tandis que la partie sud reste privée.
Plus au nord, l’île des Rimains, au large de Cancale, est une ancienne forteresse du XVIIIe siècle. Pierre Kosciusko-Morizet confie venir s’y « ressourcer » entre mer, ciel et sable. La gestion de ces îles privées est souvent un enjeu entre les propriétaires et le Conservatoire du littoral, qui tente de préserver ces territoires d’exception face à leur vente ou leur développement.



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