Impôt 2026 : ce détail méconnu qui peut réduire l’impôt des retraités
Impôt 2026 : un dispositif méconnu qui peut faire baisser l’impôt des retraités
Pour de nombreux retraités, la loi de finances pour 2026 a été une surprise désagréable. Elle supprime la possibilité de déduire les versements effectués sur le Plan d’épargne retraite (PER) après l’âge de 70 ans. Ce changement semblait fermer une porte importante pour réduire l’impôt sur le revenu.
Cependant, un détail important est passé inaperçu : le délai de report des plafonds PER non utilisés est allongé de trois à cinq ans. Ce nouveau délai offre une opportunité pour ceux qui approchent de la fin de leur carrière de rattraper leur fiscalité. Tout dépend du calendrier et des stratégies de versement.
Comment fonctionne le report des plafonds PER sur cinq ans ?
Le principe reste le même : les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour 2026, ce plafond est fixé à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 4 806 euros et un maximum de 38 448 euros. Si vous ne consommez pas tout votre plafond, le reste peut être reporté.
Jusqu’en 2025, ce reliquat pouvait être utilisé pendant trois ans. À partir de 2026, cette période est portée à cinq ans. Cela permet de mieux étaler et d’optimiser les déductions fiscales. Cependant, les plafonds des années précédentes restent soumis à l’ancienne règle. En pratique, les droits non exploités avant 2026 expirent plus vite que ceux ouverts à partir de cette année.
Une mesure qui concerne surtout les retraités
La loi met fin aussi à une pratique courante chez certains seniors : continuer à alimenter leur PER après 70 ans pour réduire leur impôt. Un médecin libéral ou un retraité avec des revenus fonciers importants pouvait verser sur son PER sans intention de le débloquer, simplement pour bénéficier d’une déduction fiscale. Depuis le 1er janvier 2026, ces versements après 70 ans n’ouvrent plus droit à une déduction.
Face à cette nouvelle règle plus stricte, l’allongement du délai de report devient particulièrement avantageux pour ceux âgés de 60 à 69 ans. Ils ont encore plusieurs années pour accumuler des plafonds non utilisés. Avant d’atteindre 70 ans, ils peuvent effectuer un versement important en profitant de la déduction maximale. Cette stratégie est surtout utile pour :
- les retraités de moins de 70 ans avec des revenus fonciers élevés,
- les actifs en fin de carrière avec des revenus variables ou des primes,
- ceux qui ont négligé leur PER et souhaitent rattraper leur retard.
Le report de cinq ans comme levier de rattrapage fiscal
Un exemple concret illustre cette opportunité. Imaginons un cadre avec un salaire brut annuel de 80 000 euros. Après déduction de 10 %, son revenu imposable est de 72 000 euros. Son plafond annuel de déduction PER est alors de 7 200 euros. S’il ne verse rien pendant cinq ans, puis décide en 2032 de faire un versement massif, il pourra utiliser les plafonds non consommés de 2027 à 2031, soit un total de 36 000 euros, auquel s’ajoute le plafond de 2032, pour une capacité totale de 43 200 euros.
Dans une tranche d’imposition de 30 %, cela représente une économie d’impôt de plus de 12 960 euros pour un seul versement. Avec l’ancienne règle de trois ans de report, il aurait pu utiliser seulement 21 600 euros, soit une économie de 6 480 euros. La nouvelle règle permet donc d’économiser plus de 4 300 euros d’impôt.
Pour un contribuable proche de la retraite ou déjà retraité, mais encore soumis à une forte imposition, organiser un versement avant 70 ans peut faire une différence significative sur l’impôt à payer en 2026 et dans les années suivantes.



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