Retraites : un déficit record à l’horizon malgré les mesures en place
Revue à la hausse du déficit des retraites par le COR
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié ses nouvelles projections financières à un an de l’élection présidentielle. Malgré un âge de départ à la retraite fixé à 67 ans et des conditions plus favorables pour les pensions complémentaires AGIRC-ARRCO, le déficit du système est désormais estimé plus élevé qu’auparavant.
Une situation stable à moyen terme, mais un déficit accru à long terme
Le financement des retraites demeure l’un des grands défis pour les décennies à venir. Le rapport annuel du COR évalue l’équilibre financier du système en prenant en compte des paramètres démographiques, économiques et sociaux. Il ne s’agit pas d’une proposition de réforme, mais d’un outil pour anticiper les évolutions possibles.
Pour 2026, le COR prévoit que le déficit atteindrait 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2070. Ce chiffre a été revu à la hausse par rapport à la prévision de 1,4 % publiée l’an dernier. La principale raison de cette augmentation : une natalité moins dynamique et des hypothèses plus favorables concernant la revalorisation des pensions complémentaires AGIRC-ARRCO.
Les raisons de la révision du déficit
Une démographie moins favorable
Le changement majeur concerne la démographie. Le COR retient désormais un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme, contre 1,8 auparavant. Cette baisse de la natalité, observée depuis plusieurs années, accélère le vieillissement de la population. Selon l’Insee, en 2070, 32 % des Français de plus de 65 ans seraient âgés, contre 26 % aujourd’hui.
Avec moins d’actifs pour financer une population de retraités plus nombreuse, l’équilibre du système devient plus difficile à maintenir. Le COR souligne toutefois que ces projections restent incertaines, car il est difficile de prévoir avec précision l’évolution démographique à très long terme.
Les pensions complémentaires AGIRC-ARRCO
Les partenaires sociaux responsables de l’Agirc-Arrco ont adopté de nouvelles règles de revalorisation des pensions pour 2038. Ces mesures seraient plus avantageuses pour les retraités, avec une progression plus soutenue des pensions. Cependant, elles entraîneraient une hausse progressive des dépenses globales, ce qui contribue à l’augmentation du déficit prévu à l’horizon 2070.
Cette évolution illustre la difficulté de trouver un équilibre entre l’amélioration du pouvoir d’achat des retraités et la stabilité financière du système sur plusieurs décennies.
Les prévisions à moyen terme restent stables
Malgré cette révision à long terme, le COR ne modifie pas beaucoup ses prévisions pour les prochaines décennies. Le déficit resterait faible, à 0,2 % du PIB en 2030, puis atteindrait 0,9 % en 2045. Ces chiffres sont proches de ceux publiés en 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette stabilité : une hypothèse de solde migratoire positive (+150 000 personnes par an) et une progression de l’espérance de vie légèrement moins rapide qu’auparavant. Ces éléments pourraient compenser le coût de la suspension temporaire de certaines mesures de la réforme des retraites de 2023.
Les scénarios du COR ne sont pas des propositions de réforme
Une simulation sur l’âge de départ à la retraite
Le COR a indiqué que, si l’on voulait uniquement agir sur l’âge moyen de départ à la retraite, il faudrait le porter à 67,6 ans en 2070 pour équilibrer le système. Cependant, cette simulation ne constitue pas une recommandation ni un projet de réforme, mais illustre simplement l’ampleur des ajustements nécessaires si un seul paramètre était modifié.
Autres leviers pour rétablir l’équilibre
Le rapport présente également deux autres scénarios. Si l’âge de départ restait inchangé, il faudrait réduire le niveau moyen des pensions d’environ 7,4 points d’ici 2070. À l’inverse, augmenter les prélèvements sociaux de 5,6 points permettrait de compenser le déficit. Ces simulations ont pour but d’illustrer les conséquences possibles de différents choix, sans préjuger des décisions futures.
Un message rassurant pour les futurs retraités
Le COR insiste sur le fait que ses projections ne montrent pas une progression incontrôlable des dépenses de retraite. Il souhaite rassurer, notamment les jeunes actifs, en précisant que plusieurs facteurs économiques, démographiques et politiques continueront d’influencer l’évolution du système et que des mesures de maîtrise sont possibles.



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