Canicule : l’eau devient plus chère dans plusieurs départements
Une augmentation du prix de l’eau en période de canicule
Face à une nouvelle vague de chaleur en France, une trentaine de départements sont en vigilance ou en alerte sécheresse. Dans plusieurs communes, la discussion ne tourne plus uniquement autour de la réduction de la consommation, mais aussi du coût de l’eau. En été, le prix du mètre cube augmente dans certains endroits, au nom de la raréfaction de la ressource.
À Villeneuve-Loubet, Grasse ou Toulouse Métropole, des maires ont décidé d’appliquer une tarification saisonnière de l’eau. Cela signifie que le tarif est plus élevé en été, puis réduit le reste de l’année. Par exemple, à Villeneuve-Loubet, le maire Lionnel Luca explique que cette mesure vise à responsabiliser les usagers. Il affirme que c’est le seul moyen de faire réfléchir sur leur consommation, suscitant des réactions parmi les habitants.
Pourquoi une tarification saisonnière ?
Ce système consiste à faire payer l’eau plus cher lorsque la ressource est sous pression, principalement en période estivale, et moins cher lorsque l’eau est abondante. À Toulouse, depuis le 1er juin 2024, le prix du mètre cube connaît une hausse d’environ 42 % entre juin et octobre. À l’inverse, de novembre à mai, le tarif diminue de 30 %. En 2026, le prix sera fixé à 4,47 € TTC par mètre cube du 1er juin au 31 octobre. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Plan Eau 2023, qui prévoit notamment une réduction de 10 % des prélèvements sur la Garonne d’ici 2030.
Villeneuve-Loubet et Grasse, des expérimentations locales
À Villeneuve-Loubet, une station touristique des Alpes-Maritimes alimentée par la nappe du Loup, le prix de l’eau augmente cet été de 40 à 63 % pour les gros consommateurs, tandis qu’il baisse de 45 % le reste de l’année, hors secteur agricole. Le maire LR Lionnel Luca précise que cette mesure vise à responsabiliser les usagers. Selon la commune, un foyer consommant 120 m3 par an paierait environ 3,39 € par mètre cube, soit près de 407 € annuels, en légère baisse.
À proximité, la ville de Grasse applique cette tarification depuis trois étés. Son maire, Jérôme Viaud, indique que la consommation estivale a diminué de 11 % en 2023 et 2024. Certaines habitantes, comme Nathalie, ont modifié leur comportement : elles conservent l’eau de cuisson pour arroser les plantes ou utilisent des récupérateurs d’eau de pluie, optant pour des plantes moins gourmandes en eau.
Toulouse Métropole : efficacité et enjeux sociaux
À plus grande échelle, Toulouse Métropole montre l’exemple avec le groupe Veolia comme délégataire. La ville a distribué 90 000 kits d’économie d’eau EcoBox. Selon « La Dépêche du Midi », la consommation d’eau a diminué d’environ 500 000 m3 entre juin et octobre 2024, sur un total de près de 40 millions de m3 consommés. Bien que cette baisse soit significative, certains usagers questionnent la justice de cette tarification. Yannick, par exemple, dénonce une mesure incohérente : « On nous demande de boire plus d’eau pour rester hydraté, et en même temps, on augmente le prix de l’eau. C’est une mauvaise mesure. »
Enfin, beaucoup rappellent que la réduction des fuites dans les réseaux et la réutilisation de l’eau restent des priorités pour mieux gérer cette ressource précieuse.



Laisser un commentaire