Réforme Agirc-Arrco : votre pension de réversion en danger
Réforme de la pension de réversion Agirc-Arrco : un changement qui pourrait réduire votre pension
La réforme de la pension de réversion Agirc-Arrco suscite beaucoup d’attention. Elle se concentre principalement sur une nouvelle règle : la proratisation de la réversion en fonction de la durée du mariage.
Actuellement, le régime complémentaire des salariés du privé verse au conjoint survivant 60 % des points accumulés par le défunt, sans condition de ressources ni prise en compte de la durée de l’union. La proposition d’introduire ce critère fait craindre une baisse des pensions pour certains couples proches de la retraite.
Exemple illustratif
Selon Cap Retraite, si un assuré décède à 72 ans avec 10 000 points Agirc-Arrco, la réversion serait aujourd’hui d’environ 8 631 euros bruts par an (soit 719 euros par mois). Mais avec une proratisation basée sur une union de 5 ans dans une carrière de 40 ans, cette pension pourrait chuter d’environ 85 %. La pension mensuelle pourrait alors passer à environ 90 euros, contre 719 euros actuellement.
Comment fonctionne la réversion aujourd’hui
En 2026, la pension de réversion sera calculée à 60 % des points du défunt, avec une valeur du point fixée à 1,4386 euro jusqu’au 1er novembre 2026. Pour en bénéficier, le conjoint doit être marié, avoir au moins 55 ans, et ne pas être en PACS ou en union de fait. Le remariage supprime également le droit à la réversion. Aucun plafond de ressources n’est appliqué.
La durée du mariage n’affecte pas le montant de la réversion. Elle sert simplement à répartir la pension entre plusieurs ex-conjoints, selon les règles en vigueur.
La proposition de double proratisation
Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), la réforme pourrait introduire une « double proratisation ». La pension serait alors calculée en multipliant le taux actuel de 60 % par un ratio correspondant à la durée du mariage rapportée à la durée totale d’assurance du défunt. Si ce ratio est de 25 %, la pension tomberait d’environ 8 631 euros à 2 158 euros par an, soit une réduction d’environ 540 euros par mois.
Il est important de noter que cette proposition du COR n’est qu’un scénario de travail, sans valeur juridique définitive.
Les grands perdants potentiels : veuves et seconds mariages
Ces changements pourraient toucher principalement trois profils : les secondes unions tardives, les mariages de fin de vie, et les conjoints ayant peu ou pas cotisé, souvent des femmes. La DREES indique que près de 88 % des bénéficiaires de pensions de réversion sont des femmes, ce qui accentue le risque de baisse des droits pour ce groupe.
Les discussions sur cette réforme doivent encore aboutir. En attendant, il est conseillé de vérifier ses relevés de points, de déposer sa demande rapidement après le décès pour éviter des pertes, et de rappeler que seule la formalité du mariage, et non le PACS ou le concubinage, donne droit à la réversion Agirc-Arrco.



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