Baromètre épargne : par crainte de l’avenir les Français épargnent plus, malgré des doutes sur les rendements

Plus l’avenir les inquiète, plus les Français épargnent. Ils sont 80% à mettre de l’argent de côté chaque mois, un record. Mais 78% doutent du rendement de leur épargne, qu’ils placent le plus souvent sur des supports qui ne rapportent presque rien. Comment mieux la faire travailler ?

Les Français n’ont jamais autant épargné, et c’est l’inquiétude qui l’explique. Selon la quatorzième vague du baromètre Odoxa-Groupama pour Capital et BFM, 80 % d’entre eux mettent de l’argent de côté chaque mois, un record en hausse de huit points depuis avril. Loin d’être un signe de confiance, ce réflexe traduit surtout une crainte de l’avenir.

La défiance domine. En moyenne, 85 % des Français se disent plus inquiets que confiants sur l’économie, la fiscalité ou leur capacité à emprunter. Et 78 % des épargnants doutent du rendement de leur propre épargne. La guerre au Moyen-Orient a renforcé ce sentiment, 34 % des épargnants ayant déjà modifié leurs habitudes à cause du conflit, presque toujours pour davantage de sécurité. Pour Gaël Sliman, président d’Odoxa, le constat ne souffre guère de nuance. « C’est justement parce qu’ils ont peur que les Français épargnent, et qu’ils épargnent une épargne particulièrement stérile. »

Une épargne dopée par l’inquiétude

Le paradoxe n’est qu’apparent. Si les Français épargnent autant, c’est qu’ils redoutent l’avenir. 92 % jugent que la situation économique du pays va se dégrader, 85 % s’attendent à une fiscalité plus lourde, les trois quarts s’inquiètent pour leur capacité à emprunter. Dans ce contexte, épargner devient un geste défensif plus qu’un projet. « Quand on leur demande pourquoi ils épargnent, ils répondent que ça va mal, et que ça ira encore plus mal demain », rapporte Gaël Sliman.

Le problème réside dans la destination de cette épargne. Inquiets, les Français privilégient les supports les plus sûrs, au prix du rendement. Parmi ceux qui ont modifié leurs placements à cause de la guerre, 71 % l’ont fait pour les sécuriser davantage, contre 26 % pour viser une meilleure performance. L’argent s’accumule, mais il dort.

Cette prudence appelle un accompagnement. Près de six épargnants sur dix souhaitent être mieux conseillés. Et si 12 % des Français recourent déjà à l’intelligence artificielle pour leurs placements, la confiance va d’abord aux spécialistes. « C’est vers les professionnels de l’épargne que les trois quarts des Français nous disent avoir le plus confiance », souligne le président d’Odoxa. L’IA s’installe, sans pour autant rassurer.

Comment réveiller une épargne qui dort

Le premier réflexe à revoir concerne le livret A. Son taux est tombé à 1,5 % depuis février 2026, et près de 60 % des Français l’ont déjà déserté ou s’apprêtent à le faire. La hausse attendue en août, de l’ordre de 0,3 point, n’y changera rien pour six d’entre eux sur dix. Utile comme épargne de précautiondisponible et défiscalisée, il ne permet pas de constituer un patrimoine.

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Source : Capital.fr

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