L’or familial : un trésor qui s’efface au moment de la succession

Une plus-value qui s’efface au moment de la succession

Un lingot d’or oublié au fond d’un tiroir peut devenir un précieux héritage familial. Ces derniers mois, le prix de l’or a fortement augmenté : selon le magazine Capital, il a gagné plus de 40 % en un an, atteignant un record à 4 521 euros l’once fin janvier 2026. Ce trésor peut peser lourd dans votre futur avis d’imposition.

La fiscalité de l’or d’investissement est particulière. Contrairement à d’autres placements, il n’y a pas de déclaration annuelle à faire. « Il n’y a qu’une seule déclaration lors de la vente », explique Étienne Brois, expert en gestion patrimoniale. La gestion de la succession et de la revente est donc essentielle pour éviter que cette valeur ne devienne une charge fiscale importante.

Règle n°1 : pas de déclaration annuelle tant que l’or reste au coffre

Un lingot d’or gardé chez soi ne génère ni revenus ni loyers. Selon le site impots.gouv.fr, il n’entre pas dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). De plus, son achat est exonéré de TVA depuis 2000. Tant que vous ne le vendez pas, aucune déclaration fiscale supplémentaire n’est nécessaire.

Règle n°2 : à la revente, deux options fiscales

Lors de la vente, deux régimes fiscaux s’appliquent. Le premier est la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, qui s’élève à 11,5 % du prix de vente. Par exemple, si vous vendez un lingot hérité pour 100 000 euros, cette taxe représentera 11 500 euros, et il vous restera 88 500 euros.

La seconde option concerne la plus-value. Si vous pouvez prouver la date et le prix d’achat ou la valeur lors de la succession, vous pouvez opter pour ce régime. En 2026, le taux global de cette taxe atteint 37,6 %, mais elle ne s’applique que sur le gain réalisé. Un abattement de 5 % par an après la troisième année permet d’effacer l’impôt après 22 ans de détention.

Règle n°3 : la plus-value du défunt s’efface lors de la succession

Au moment du décès, le lingot devient partie intégrante de la succession. Il est soumis aux droits de succession classiques, avec un abattement de 100 000 euros par enfant, renouvelé tous les quinze ans. La particularité pour l’héritier est que la plus-value réalisée par le défunt n’est pas transmise : « Vos enfants héritent de ce montant-là et il y a une purge de la plus-value », précise Étienne Brois.

Par exemple, si un lingot acheté dans les années 80 pour 8 000 euros est évalué à 120 000 euros au décès, la plus-value de 112 000 euros n’est pas imposée. La revente immédiate à ce même prix ne génère donc quasiment pas d’impôt sur la plus-value.

Attention, pour bénéficier de cette exonération, le lingot doit avoir été déclaré chez le notaire. En cas d’oubli, il est conseillé de faire une déclaration rectificative plutôt que de vendre discrètement. Une fois la situation régularisée, la revente d’un lingot d’investissement peut être réalisée en deux à trois jours auprès d’un professionnel.

Laisser un commentaire