Braderie de Lille : faut-il déclarer ce qu’on a vendu ? La chronique de Jean-Jacques Manceau
Chaque samedi et dimanche à 8h24, Jean-Jacques Manceau, spécialiste des placements à Capital, décrypte une question d’argent dans « Votre argent, vos placements » sur Europe 1. Ce week-end, jour de braderie de Lille : faut-il déclarer ce qu’on vend en vidant son grenier ?
Ce week-end, la braderie de Lille attire deux à trois millions de visiteurs et dix mille exposants. Et dans chaque grenier vidé, la même question : en revendant ses vieilleries, risque-t-on de voir arriver un courrier du fisc ? Au micro d’Alexis de la Fléchère, Jean-Jacques Manceau rassure sur les impôts. Et prévient là où on ne l’attend pas.
Alexis de la Fléchère : Ce week-end, c’est la braderie de Lille : deux à trois millions de visiteurs, dix mille exposants. Et la question que tout le monde se pose en vidant son grenier : est-ce que le fisc regarde ?
Jean-Jacques Manceau : Non. Dans l’immense majorité des cas, non. Vendre ses propres affaires usagées, ce n’est pas un revenu. Le code général des impôts exonère les meubles, l’électroménager et la voiture, quel que soit le prix. Et pour tout le reste, le seuil est à 5 000 euros. Mais attention : vente par vente, pas sur le total de la journée. Donc le carton de vinyles, la poussette, le vélo du grand : zéro impôt, aucune case à remplir.
A. de la F. : Et si on vend le tableau de grand-mère à bon prix ?
J.-J. M. : Encore faut-il que ce soit une œuvre d’art. Le fisc a une catégorie à part : œuvres d’art, objets de collection et d’antiquité. Un tableau en fait partie, un bijou aussi. Une croûte de brocante, non. Dans cette catégorie, au-dessus de 5 000 euros : taxe forfaitaire de 6%, plus 0,5% de CRDS. Six et demi pour cent au total. Il faut remplir un formulaire 2091, dans le mois. Pour l’or et l’argent, c’est onze et demi pour cent, et cette fois dès le premier euro. Cela dit, le vrai risque de la braderie n’est pas là.
A. de la F. : Donc pour le commun des mortels, aucun danger ?
J.-J. M. : Fiscalement, aucun. Commercialement, si. Et c’est beaucoup moins connu. Le code de commerce vous limite à deux ventes au déballage par an. Deux. Toutes braderies confondues, partout en France. Au-delà, vous n’êtes plus quelqu’un qui vide son grenier. Vous êtes un commerçant qui s’ignore. Et le rappel ne vient pas des impôts, il vient de l’Urssaf : travail dissimulé. Même chose si vous achetez pour revendre. Dès le premier euro, c’est du bénéfice commercial. Et depuis cet été, c’est vérifiable.
Source : Capital.fr



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