De nombreux Français ont travaillé en Suisse, parfois durant toute leur carrière. Le système de retraite suisse repose sur trois piliers : l’assurance vieillesse et survivants (AVS), la prévoyance professionnelle (LPP) et la prévoyance individuelle. En 2025, une réforme a fixé l’âge de départ à 65 ans pour tous, avec des mesures transitoires pour les femmes nées entre 1961 et 1969. Grâce aux accords bilatéraux entre la France et la Suisse, les périodes de cotisation sont cumulées. Chaque pays verse une pension proportionnelle au temps travaillé dans ses frontières. Voici comment sont calculés les montants de retraite en Suisse et à quoi s’attendre.

Le fonctionnement de la retraite en Suisse : les trois piliers

L’assurance vieillesse et survivants (AVS)

L’AVS couvre les besoins essentiels tels que le logement, la nourriture et la santé. Elle est financée par des cotisations partagées entre l’employeur et le salarié, à hauteur de 8,7 % du salaire. Pour bénéficier d’une pension complète, il faut avoir cotisé pendant 44 ans, en commençant à l’âge de 20 ans. En 2025, la rente minimale mensuelle est de 1 260 CHF (environ 1 371 €), tandis que la rente maximale peut atteindre 2 520 CHF (environ 2 743 €).

La prévoyance professionnelle (LPP)

La LPP vise à maintenir le niveau de vie antérieur à la retraite. Elle est obligatoire pour les salariés gagnant plus de 22 680 CHF par an (environ 24 685 €). Elle fonctionne par capitalisation via des caisses de pension. À l’âge de 65 ans, le capital moyen accumulé varie généralement entre 250 000 et 500 000 CHF (environ 272 000 à 544 000 €), en fonction du parcours professionnel. La combinaison de l’AVS et de la LPP peut représenter jusqu’à 60 % du dernier salaire en pension.

La prévoyance individuelle (pilier 3a)

Facultatif, mais fiscalement avantageux, le pilier 3a permet d’épargner jusqu’à 7 258 CHF par an (environ 7 900 € en 2025) pour les personnes affiliées à une caisse de pension. L’épargne peut être retirée sous forme de capital ou de rente. En moyenne, cette épargne ajoute environ 1 100 CHF (1 197 €) par mois à la pension globale pour les épargnants réguliers.

Comment estimer sa retraite après une carrière en Suisse ?

Le cas de la pension de base (AVS)

Pour percevoir une rente complète de l’AVS, il faut avoir cotisé pendant 44 ans, en commençant à 20 ans, selon neoviaretraite.fr. Si cette condition est remplie, même si l’on a cotisé 44 ans, il est possible que la rente soit partielle si la cotisation n’a pas débuté dès 20 ans. Par exemple, un Français ayant commencé à travailler à 20 ans en Suisse, avec un revenu annuel moyen de 90 720 CHF (environ 98 741 €), pourra recevoir une rente maximale de 2 520 CHF (environ 2 743 €) par mois à la retraite.

Le cas de la pension complémentaire

Le système suisse inclut également une pension complémentaire accessible aux expatriés, notamment aux Français, grâce aux accords bilatéraux. En plus de l’AVS, un expatrié peut toucher la pension professionnelle, équivalente à une retraite complémentaire française. La LPP s’applique dès un salaire annuel supérieur à 22 680 CHF (environ 24 685 €). Si, en plus de l’AVS et de la LPP, la personne cotise volontairement à la prévoyance individuelle, la pension de retraite peut dépasser largement la moyenne française. En général, cette épargne peut augmenter la pension de 1 000 à 2 000 CHF (environ 1 088 à 2 177 €).

Comment faire une demande de retraite en tant que Français en Suisse ?

Pour recevoir sa pension après une carrière en Suisse, il faut déposer une demande dans son pays de résidence, dès l’âge légal fixé à 65 ans. La caisse française contacte alors la caisse de compensation suisse pour coordonner le versement. Ce processus assure une distribution conforme aux accords bilatéraux. Il est conseillé d’anticiper la demande au moins six mois à l’avance, afin de garantir un calcul précis des droits et un paiement sans retard.