Livret A : votre épargne perd-elle de l’argent face à l’inflation ?

Quand le rendement de vos placements ne dépasse pas l’inflation, ou compense à peine des enveloppes chargées en frais, il est peut-être temps de faire du ménage dans votre épargne…

La France aime épargner : le taux d’épargne moyen du pays est d’environ 15 %. Mettre de l’argent de côté, ne pas le dépenser, le préserver… Une logique qui est perturbée depuis quelques mois par l’inflation. Celle-ci a grimpé à 2,4 % en mai, tirée vers le haut par la forte hausse des prix de l’énergie. Et pendant ce temps, le taux du Livret A est resté bloqué à 1,5 %. Un euro épargné sur un Livret A perd aujourd’hui du pouvoir d’achat en termes réels.

Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct, estime ainsi que « la vraie question n’est pas de savoir si je dois épargner ou si je dois consommer, car on a toujours plus intérêt à épargner dans la durée qu’à consommer. C’est de savoir si mon capital va s’apprécier, ou si je vais perdre du pouvoir d’achat dessus. » Ainsi, l’expert estime qu’aujourd’hui, encore plus que ces derniers mois, « il faut encore moins laisser son épargne dormir », que ce soit sur un compte courant (qui devrait contenir « seulement de quoi tenir le mois, pas davantage ») ou sur un Livret A, utile pour l’épargne de précaution (trois à six mois de salaire). Pour rappel, son taux a été divisé par deux en un an, passant de 3 % en janvier 2025 à 1,5 % depuis février 2026. Il devrait remonter en août, mais à 1,75 % ou 1,8 % maximum.

Épargner, oui, mais sur quel support ?

La réponse n’est donc pas de renoncer à épargner, mais de revoir son allocation. Du côté des placements sécurisés, qui peuvent remplacer le Livret A, il y a plusieurs solutions. Pour ceux qui peuvent bloquer leur argent, il y a les comptes à terme, qui affichent entre 2 et 3 % selon la durée, avec environ 2,70 % sur cinq ans. Attention, ils sont envisageables si vous pensez que l‘inflation va se tasser ; si elle augmente, les placements liquides redeviendront plus attrayants.

On peut aussi se tourner vers les fonds euros d’assurance-vie, à condition de bien les choisir : les meilleurs servaient 3,5 % de rendement en 2025, avec des boosts temporaires pouvant atteindre 5 % sur certains contrats. Les taux 2026 devraient rester dans cette veine. Ces niveaux s’expliquent par la remontée des taux longs : « L’avantage des fonds euros, c’est que les assureurs investissent sur le long terme, tout en offrant une liquidité [les contrats en ligne peuvent permettre un retrait sous 3 jours pour les plus rapides, ndlr]. Les taux longs ont augmenté, et les assureurs sont capables d’aller chercher des rendements attractifs sur ces taux longs », explique-t-il. France Assureurs a enregistré une collecte record.

Au-delà des placements purement sécuritaires, pour ceux qui acceptent une volatilité plus importante et un horizon de placement de plus de huit ans, les unités de compte offrent historiquement un rendement annualisé autour de 6 % sur les marchés actions. « On a toujours intérêt à avoir une partie de son épargne en unités de compte, en modulant selon son rapport au risque et son horizon de temps », note Gilles Belloir. Même un profil prudent, à condition de respecter son horizon de placement, peut donc placer en bourse, via une assurance-vie ou même des ETF sur un PEA. Pour lisser le risque, il est bon d’investir régulièrement.

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Source : Capital

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