Frais bancaires : une hausse record de 2 7 % en un an

Les frais bancaires ont augmenté de 2,7 % entre février 2025 et février 2026, selon l’Observatoire des tarifs bancaires lié à la Banque de France. Sur la même période, l’inflation générale n’a été que de 0,9 %, et la hausse moyenne des autres services bancaires a atteint 1,6 %. Cette augmentation s’inscrit après une hausse de 3,1 % l’année précédente. L’association de consommateurs CLCV estime également une hausse moyenne de 3 % pour cette année.

Une hausse importante des frais de gestion de compte

Les frais de tenue de compte ont connu une augmentation de 3,71 % en un an, pour atteindre en moyenne 22,39 euros par an. Ces frais rémunèrent la banque pour la gestion du compte, notamment pour la maintenance informatique, la sécurité des données, l’accès aux services en ligne et le traitement des opérations quotidiennes. Étant un poste récurrent, ils apparaissent sur le relevé bancaire et impactent directement le budget des clients.

Les cartes bancaires et les offres groupées en hausse

Les tarifs des cartes de paiement internationales ont également augmenté, avec +1,59 % pour les cartes à débit immédiat et +1,57 % pour celles à débit différé, atteignant en moyenne 45 euros par an. Les offres combinant gestion de compte, carte et assurances ont augmenté de 2,37 % entre avril 2025 et avril 2026. Ces formules, très répandues, facilitent la facturation mais peuvent aussi masquer certaines augmentations.

Une évolution différente sur le long terme

Selon le rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires, sur une décennie, les tarifs ont augmenté de 17,4 %, contre 22,1 % pour l’inflation. Autrement dit, les prix des services bancaires ont progressé moins vite que le coût de la vie. Cependant, en 2026, la Caisse d’Épargne a été sanctionnée pour des frais jugés injustifiés.

Les explications du secteur bancaire

La Fédération bancaire française affirme que ces chiffres montrent une maîtrise de l’augmentation des prix des services bancaires dans le temps. Elle explique que les banques doivent faire face à des coûts croissants, notamment en salaires et en investissements informatiques pour assurer la sécurité et le bon fonctionnement des services. Elle précise également que ces hausses sont en partie liées à l’impact différé de la période post-Covid, et que l’augmentation reste limitée par rapport au budget des clients.

Les critiques des associations de consommateurs

Pour l’Union nationale des associations familiales (Unaf), ces justificatifs ne suffisent pas. Elle souligne que les cinq plus grands groupes bancaires français ont réalisé ensemble plus de 35 milliards d’euros de bénéfice net en 2025, malgré une surtaxe sur l’impôt sur les sociétés. L’Unaf dénonce aussi le manque de transparence concernant certains frais liés aux incidents et aux irrégularités, et demande aux parlementaires d’ouvrir une mission d’information pour mieux comprendre le rôle de ces frais dans le modèle économique des banques de détail.

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