Retraités attention aux erreurs sur votre pension danger pour votre argent
Trois semaines après avoir commencé à percevoir leur pension, la plupart des nouveaux retraités ont déjà rangé leur notification de pension dans un tiroir, souvent sans l’avoir lue en détail. Pourtant, ce document administratif peut contenir des erreurs qui, si elles passent inaperçues, peuvent leur faire perdre des milliers d’euros sur le long terme.
Le risque n’est pas négligeable. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en mai 2025, plus d’une pension sur dix versée en 2024 comporte une erreur, la majorité étant à l’avantage de l’organisme payeur. La véritable difficulté réside dans le délai très court pour agir : seulement deux mois pour contester une erreur. Passé ce délai, il devient très difficile de faire rectifier la situation, explique 20 Minutes.
Une erreur dans une pension sur dix, un chiffre officiel
Le rapport de la Cour des comptes est clair : en 2024, le taux d’erreur sur les nouvelles pensions atteignait 10,5 %. Ces erreurs représentent un impact financier cumulé d’environ 900 millions d’euros en une seule année. Pour un retraité, une pension sous-estimée d’à peine 20 euros par mois peut lui faire perdre plus de 6 000 euros sur une espérance de vie moyenne de 25 ans à la retraite. Ceux ayant eu des carrières longues et variées, ou ayant changé plusieurs fois de statut (salarié, indépendant, fonctionnaire) ou connu des périodes de chômage, sont particulièrement exposés car ces parcours complexifient le calcul de la pension.
Les erreurs courantes : trimestres oubliés et CSG
Deux types d’erreurs reviennent fréquemment. La première concerne l’oubli de certains trimestres dits « réputés cotisés », comme le service militaire, le chômage indemnisé, les arrêts maladie ou encore la maternité. L’oubli de quelques trimestres peut entraîner une décote, c’est-à-dire une réduction définitive de 1,25 % par trimestre manquant.
La seconde erreur concerne la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Son taux, appliqué à la source, dépend du revenu fiscal de référence : il peut être de 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %. Une erreur dans l’application de ce taux peut coûter plusieurs dizaines d’euros chaque mois, sans que le retraité s’en aperçoive.
Que faire en cas d’erreur ? Le délai de contestation de 60 jours
Le point crucial réside dans les petites lignes de votre notification de retraite. Vous disposez d’un délai de deux mois, à partir de la réception du document, pour contester toute erreur. Passé ce délai, les recours sont très limités. Si une correction est acceptée pour la retraite de base, le remboursement des sommes dues est plafonné à cinq ans.
Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, la révision n’est généralement pas rétroactive. En cas d’anomalie, il faut rapidement contacter la Commission de Recours Amiable (CRA) de votre caisse de retraite, de préférence par courrier recommandé avec accusé de réception. Il est conseillé de joindre tous les justificatifs utiles, comme les fiches de paie, attestations ou livret de famille.



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