Retraite : la fin de l’âge légal pour plus de liberté
Supprimer l’âge légal de départ à la retraite au profit d’un système basé uniquement sur la durée de cotisation fait partie des propositions avancées par certains politiques, comme Gabriel Attal ou Jordan Bardella. Cette idée semble simple : chaque salarié pourrait partir dès qu’il aurait accumulé le nombre d’années de cotisation requis, indépendamment de son âge. Elle offrirait ainsi une liberté de choix, notamment pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. Cependant, cette réforme présente des risques importants, selon l’économiste François Lenglet.
Une réforme séduisante en apparence, risquée en réalité
François Lenglet s’est exprimé sur RTL pour avertir que cette proposition n’est pas une solution miracle. Elle pourrait au contraire renforcer la précarité et creuser les inégalités. Sans l’âge légal comme garde-fou, le système pourrait devenir vulnérable. Il cite l’expérience de pays étrangers, notamment la Suède, où de telles mesures ont conduit à des difficultés pour certains retraités.
Une idée qui privilégie la flexibilité, mais au prix de la sécurité
Le principe de cette réforme est de s’affranchir de l’âge pivot pour se concentrer uniquement sur le nombre d’années cotisées. Concrètement, un travailleur pourrait partir dès qu’il aurait atteint le nombre de trimestres requis, peu importe son âge. Ceux qui ont commencé à travailler très jeunes pourraient ainsi partir plus tôt. À l’inverse, ceux qui ont fait de longues études seraient encouragés à poursuivre leur activité pour bénéficier d’une pension équivalente. Cette approche, qualifiée de « à la carte », est présentée comme plus juste et flexible que le système actuel.
Les leçons de l’expérience suédoise
François Lenglet insiste sur le danger de cette liberté totale. Il évoque l’exemple de la Suède dans les années 1990. Le pays a alors permis à ses salariés de partir à tout moment, sans âge fixé. Beaucoup ont quitté la vie active très tôt, pensant épargner pour leur retraite. Mais leur épargne s’est rapidement épuisée, laissant certains dans une situation de pauvreté extrême. Cet exemple montre que l’absence de filet de sécurité peut avoir des conséquences dramatiques pour les retraités.
Une menace pour les parcours professionnels fragiles
Au-delà du risque de pauvreté, cette réforme pourrait accentuer les inégalités. Le système actuel prévoit un âge du taux plein automatique à 67 ans, qui permet à ceux ayant eu des carrières chaotiques de toucher une pension complète. Si cette protection disparaît, chaque interruption de carrière pourrait entraîner une décote importante, aboutissant à une pension plus faible. Cela pénaliserait particulièrement les parcours professionnels marqués par le chômage ou des périodes de temps partiel subi.



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