Le salaire de Delphine Ernotte dévoilé face à la crise de France Télévisions
Delphine Ernotte : quel est son salaire ?
Lors d’une audition par une commission d’enquête parlementaire, Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, a été interrogée sur sa rémunération. La question revient alors que le groupe traverse une période difficile, avec un déficit cumulé de 81 millions d’euros et une situation qualifiée de « quasi-faillite » par la Cour des comptes.
À 59 ans, mariée au comédien Marc Ernotte et mère de deux enfants, elle dirige le premier groupe audiovisuel français depuis 2015. Dans un contexte tendu, son salaire est devenu un sujet de débat, avec une opération de transparence exceptionnelle.
Les chiffres précis de son salaire enfin dévoilés
Lors de son audition, le rapporteur Charles Alloncle a rappelé la gravité de la situation financière. Il a également lancé une remarque provocatrice en mentionnant que la Cour des comptes indique que Delphine Ernotte bénéficierait cette année d’une prime de performance. Il a ensuite demandé le montant exact de sa rémunération.
Delphine Ernotte-Cunci a répondu en précisant que son salaire, comprenant une part fixe et une part variable, était identique à celui décidé pour Rémy Pflimlin en 2010 par Nicolas Sarkozy, à l’euro près. Selon les documents officiels transmis au Parlement, sa rémunération fixe s’élève à 322 000 euros brut par an. La part variable maximale peut atteindre 78 000 euros brut, portant la rémunération totale à environ 400 000 euros brut annuels.
Certains articles évoquent un salaire fixe légèrement supérieur, autour de 332 000 euros brut, ce qui crée une certaine confusion. Cependant, les documents officiels restent la référence pour connaître le montant exact.
Les députés questionnent et elle se défend
Interpellée sur l’attribution d’une prime dans un groupe en déficit, Delphine Ernotte-Cunci a expliqué le fonctionnement du dispositif. Elle a insisté sur le fait que le montant de sa rémunération est fixé par l’État, puis validé par le conseil d’administration. La dirigeante a rappelé que ce n’est pas elle qui décide de cette prime.
Son secrétaire général, Christophe Tardieu, a également précisé que la présidente n’intervient pas dans les discussions avec l’État concernant la part variable. Lors des réunions du conseil d’administration, elle quitte la salle pour éviter tout conflit d’intérêts, notamment sur son propre salaire.
Il est important de noter que la part variable de 78 000 euros est un plafond, non un bonus automatique. Elle dépend d’objectifs fixés à l’avance et peut être réduite ou non versée selon les résultats financiers du groupe.
Un salaire calé sur celui de Rémy Pflimlin, sans revalorisation depuis 2010
En précisant que son salaire est calé « à l’euro près » sur celui de Rémy Pflimlin, décidé en 2010, Delphine Ernotte souligne qu’il n’a pas été revalorisé depuis plus de quinze ans, malgré l’inflation. Selon les tableaux transmis à l’Assemblée nationale, les autres dirigeants des sociétés de l’audiovisuel public – comme Radio France, INA, Arte France, TV5 Monde et France Médias Monde – ont tous une rémunération inférieure au plafond de 400 000 euros brut.
Pour mettre ces chiffres en perspective, l’entreprise rappelle que le salaire moyen à France Télévisions s’élève à 61 000 euros brut par an, avec un salaire médian de 57 000 euros. La contribution annuelle des Français à l’audiovisuel public est d’environ 4,2 euros par mois, dont environ 3 euros pour France Télévisions. La rémunération de la présidente représente une part marginale de ce budget, mais elle reste un symbole fort, surtout dans un contexte où la situation financière du groupe est scrutée par les parlementaires.



Laisser un commentaire