Seuil de richesse : la clé pour une France plus équitable

Qu’est-ce que le « seuil de richesse » ?

L’Observatoire des inégalités propose l’idée de créer un « seuil de richesse » en France. Cela permettrait d’identifier une catégorie de population qui pourrait être davantage sollicitée dans le cadre des politiques publiques. L’objectif est de faire contribuer plus équitablement les personnes très aisées, sans se limiter aux ultra-riches.

Ce concept suscite toutefois des débats. La grande diversité des situations individuelles complique la définition précise de ce seuil. En effet, deux personnes avec un revenu similaire peuvent avoir des profils très différents selon leur activité, leur lieu de résidence ou leur patrimoine.

Fixation du seuil et chiffres proposés

Dans son dernier rapport publié le 2 juin, l’Observatoire des inégalités fixe ce seuil à deux fois le niveau de vie médian en France. Concrètement, cela correspond à un revenu mensuel après impôts de 4.292 euros pour une personne seule, 6.400 euros pour un couple, et 10.700 euros pour un couple avec deux adolescents.

Selon cette définition, environ 7,5 % de la population, soit près de 4,8 millions de personnes, seraient considérées comme « riches » selon ce critère.

Intérêt d’un tel indicateur

L’intégration de ce seuil dans les statistiques officielles pourrait aider à déterminer à partir de quel niveau de revenu certains avantages, comme des niches fiscales, pourraient être remis en question. Louis Maurin, directeur de l’Observatoire, souligne que fixer des seuils est important pour ne pas se concentrer uniquement sur une minorité d’ultra-riches.

Actuellement, aucun seuil officiel de richesse n’existe en France. La richesse est plutôt évaluée à partir des déciles de revenus. Par exemple, en 2023, le premier décile correspond à un revenu annuel inférieur à 9.930 euros, tandis que le dernier décile regroupe ceux qui gagnent plus de 72.560 euros par an.

Comment définir la richesse ?

Il n’existe pas de définition universelle de la richesse, contrairement à la pauvreté. La pauvreté est généralement fixée à 60 % du revenu médian, soit 1.288 euros par mois pour une personne seule. Des discussions sont en cours pour mieux définir ce qu’est la richesse, notamment au Conseil national de l’information statistique (CNIS).

Selon Michel Duée, responsable à l’Insee, la richesse peut se mesurer selon plusieurs critères : revenus, patrimoine ou conditions de vie. Ces dimensions ne se recoupent pas toujours. Par exemple, une personne peut avoir de hauts revenus mais peu de patrimoine, ou inversement.

Les facteurs liés au lieu de résidence, aux coûts de transport ou aux dépenses liées à la famille varient aussi beaucoup d’une région à l’autre, ce qui complexifie encore la définition de la richesse.

Perception et classification

Michel Duée explique que 5 % des personnes disposent d’un patrimoine élevé sans revenus élevés, tandis que 5 % ont des revenus importants sans patrimoine conséquent. Enfin, 5 % cumulent hauts revenus et hauts patrimoines. La perception de la richesse diffère aussi selon les individus et leur situation.

L’Insee préfère parler de « personnes à hauts revenus » ou « à hauts patrimoines » plutôt que de « riches », un terme jugé connoté et difficile à définir. Selon eux, il n’existe pas de consensus sur la définition précise de la richesse.

En pratique, l’Insee considère déjà comme « aisées » les ménages dont le revenu dépasse 1,8 fois le niveau de vie médian. Des seuils existent donc déjà, par exemple avec les allocations familiales qui deviennent fortement dégressives au-delà de 6.665 euros par mois pour un ménage.

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