Pourquoi attendre 50 ans pour préparer votre succession et économiser gros
Les notaires recommandent de préparer sa succession dès 50 ans
Maître Antoine Cellard, notaire à Paris, l’a affirmé lors d’une intervention sur TF1 INFO : « Plus on est âgé, plus on a de frais à payer ». Selon lui, l’âge est un facteur clé pour préparer sa succession afin d’alléger la facture pour ses proches. Sur le plateau de l’émission Bonjour !, 79 % des téléspectateurs ont exprimé leur souhait d’anticiper leur succession. Reste à savoir quand et comment s’y prendre.
Le notaire conseille de commencer dès l’âge de 50 ans : « L’idéal, c’est à partir de 50 ans. Plus on transmet tôt, plus la fiscalité est avantageuse. » Cependant, selon la plateforme patrimoniale Hagnère Patrimoine, la majorité des Français commencent à organiser leur héritage plutôt vers 66 ou 67 ans, soit plus de quinze ans après l’âge optimal. Entre ces deux périodes, les abattements fiscaux se renouvellent, les donations peuvent être étalées dans le temps, et la situation matrimoniale peut évoluer.
Pourquoi l’âge influence-t-il le coût des droits de succession ?
En France, les droits de succession sont calculés selon un système d’abattements et de barèmes progressifs. Par exemple, un parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans avoir à payer de droits. Les personnes plus jeunes disposent de plusieurs cycles de donations, ce qui leur permet d’optimiser leur fiscalité. En revanche, à 80 ans, il ne reste généralement qu’un seul cycle possible. D’où l’importance de préparer sa succession tôt, pour bénéficier d’un avantage fiscal maximal.
Les étapes à suivre dès 50 ans
Les Notaires de France recommandent qu’à partir de 50 ans, il soit utile de faire un inventaire de ses biens et dettes. C’est aussi le moment de réfléchir à la personne à qui l’on souhaite transmettre. La révision du régime matrimonial, la rédaction ou la mise à jour d’un testament, ou encore la réalisation d’une première donation, par exemple pour aider un enfant à acheter un logement, sont autant d’actions simples à effectuer auprès d’un notaire.
Entre 60 et 70 ans, beaucoup entament réellement ces démarches, selon Hagnère Patrimoine. C’est à ce moment que les donations-partages permettent de répartir les biens entre les enfants tout en profitant encore des abattements fiscaux. Après 70 ans, ces marges se réduisent, mais il reste possible de transmettre. Maître Cellard précise qu’il est encore envisageable de transmettre à 95 ans, mais que l’intérêt fiscal diminue avec l’âge, car l’espérance de vie est plus courte.
Impact du statut marital sur la fiscalité successorale
Les enfants bénéficient d’un abattement de 100 000 € chacun et d’un barème progressif de 5 à 45 % sur la part taxable. En revanche, la situation est différente pour un concubin ou un ami : la transmission à un non-parent peut entraîner un taux d’imposition pouvant atteindre 60 %. Maître Cellard explique : « Pour ce qui est du concubinage, le droit français n’est pas très favorable. La transmission coûte cher, comme si c’était un ami. »
En revanche, le mariage ou le PACS offrent une exonération totale des droits de succession, à condition d’établir un testament. « S’il y a un PACS ou un mariage avec un testament, on peut passer de 60 % d’impôts à zéro. C’est une différence majeure », souligne le notaire. Organiser sa succession, c’est aussi choisir et structurer son statut de couple pour optimiser la transmission.



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