Retraite : et si votre logement devenait votre solution financière
Retraite : pourquoi de plus en plus de seniors propriétaires veulent utiliser leur logement pour vivre
Posséder sa maison ne garantit plus une retraite sans soucis financiers. Selon le premier Baromètre Senior, Patrimoine et Transmission, réalisé par OpinionWay pour Merci Prosper, près d’un senior propriétaire sur deux se sent aujourd’hui sous pression financière. Ce constat remet en question l’image souvent associée aux retraités propriétaires, généralement perçus comme plus aisés et à l’abri des difficultés économiques.
L’étude, publiée le 28 mai 2026, indique que 47 % des seniors interrogés doivent désormais faire des choix difficiles concernant leurs dépenses. Certains puisent dans leur épargne, d’autres doivent demander de l’aide pour finir le mois. Face à cette situation, une majorité envisage de mobiliser la valeur de leur logement pour financer leur retraite, leur maintien à domicile ou anticiper une future dépendance.
Des seniors propriétaires fragilisés malgré leur patrimoine immobilier
Les résultats de l’enquête révèlent des disparités importantes. Les femmes sont particulièrement vulnérables, avec 53 % d’entre elles déclarant être sous pression financière. La situation est aussi plus préoccupante chez les 60-64 ans, où 53 % ressentent cette tension, contrairement aux plus de 80 ans.
Les difficultés sont surtout marquées chez les retraités aux revenus modestes. Plus de huit sur dix gagnant moins de 24 000 euros par an rencontrent des tensions financières. Les personnes seules, que ce soit célibataires, veuves ou divorcées, sont également plus exposées à ces fragilités.
La fracture territoriale est aussi significative. Dans certaines régions comme le Grand Est, 59 % des seniors propriétaires se sentent en difficulté financière. Les zones rurales sont particulièrement touchées, avec 53 % de répondants concernés, contre seulement 37 % à Paris.
Dans ce contexte, le logement devient une ressource financière potentielle. Si leur pouvoir d’achat diminue ou si des dépenses imprévues surviennent, 32 % des seniors envisagent de vendre leur bien immobilier. Certains pensent à acheter un logement plus petit ou à devenir locataires. Thibault Corvaisier, cofondateur de Merci Prosper, explique que ces chiffres révèlent une réalité peu connue : posséder son logement ne protège plus forcément contre la précarité. Beaucoup de seniors ont un patrimoine immobilier important, mais peu de liquidités pour faire face aux imprévus ou maintenir leur niveau de vie.
Immobilier : 60 % des seniors prêts à utiliser leur logement pour financer leur retraite
L’étude montre un changement important dans la perception du patrimoine immobilier. Près de la moitié des seniors (46 %) seraient prêts à utiliser la valeur de leur logement, même si cela implique de transmettre moins à leurs héritiers. Lorsque cette option est expliquée en détail, ce chiffre atteint 60 %.
Le maintien à domicile arrive en tête des motivations. Plus d’un tiers des répondants envisagent d’utiliser leur patrimoine pour financer des aides à domicile ou adapter leur logement à une perte d’autonomie. Certains souhaitent aussi anticiper une entrée en résidence seniors ou en EHPAD.
Les dépenses liées à la santé sont également une préoccupation majeure. Plus d’un quart des seniors évoquent la nécessité de financer des soins, des équipements médicaux ou des restes à charge devenus difficiles à supporter. Paradoxalement, bien que nombreux soient prêts à mobiliser leur patrimoine immobilier, 93 % ignorent la vente partielle immobilière, un dispositif leur permettant de récupérer une partie de la valeur de leur logement sans le quitter. En revanche, 95 % connaissent le viager, solution bien connue.
Héritage, transmission : les seniors veulent décider avec leurs enfants
Malgré un fort attachement à la transmission de leur patrimoine, les mentalités évoluent. Selon l’étude, 81 % des seniors souhaitent toujours transmettre à leurs héritiers, mais beaucoup refusent de sacrifier leur qualité de vie actuelle pour cela.
Parmi ceux qui envisagent une vente partielle, 72 % précisent vouloir en discuter avec leurs enfants. Pour 44 %, leur accord est indispensable avant toute démarche. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où, dans les dix prochaines années, une grande partie du patrimoine immobilier des baby-boomers sera transmise par succession.
Thibault Corvaisier souligne que le principal problème réside aujourd’hui dans le manque d’information sur les solutions existantes. Selon lui, le vrai enjeu n’est pas la volonté des seniors d’utiliser leur patrimoine, mais la difficulté qu’ils ont à comprendre les options qui s’offrent à eux. La vente partielle, par exemple, bénéficie d’une opinion favorable chez 93 % des seniors, mais reste peu connue. La vente en viager, elle, est bien identifiée par 95 %.
Il insiste sur l’importance d’informer mieux les seniors pour leur permettre d’utiliser leur logement comme un levier pour financer leur vieillissement, tout en leur assurant une vie digne et adaptée à leurs besoins.
*Méthodologie : Le Baromètre “Senior, Patrimoine et Transmission” est une enquête en ligne menée en avril 2026 par OpinionWay, auprès de 1003 personnes âgées de plus de 60 ans, propriétaires d’un ou plusieurs biens immobiliers.



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