Erreur de carrière : votre pension pourrait augmenter de 180 euros mensuels

Une simple ligne supplémentaire sur un relevé de carrière peut avoir un impact significatif sur le montant de votre pension de retraite. Selon un rapport de la Cour des comptes, 10,5 % des retraites présentent des erreurs dans leur calcul. La DREES estime que ces erreurs peuvent entraîner un manque à gagner compris entre 40 et 180 euros bruts par mois pour les bénéficiaires. Les femmes, souvent à temps partiel ou en congé maternité, sont les plus touchées par ces erreurs concernant leur pension de retraite.

La réforme des retraites de 2023 a permis une nouvelle opportunité pour certaines d’entre elles. En effet, les salariées du privé ayant eu au moins un enfant né avant 2012 peuvent demander un réexamen de leur pension si leurs congés maternité ont été mal pris en compte. Cette mesure concerne les pensions liquidées depuis le 1er septembre 2023, ainsi que celles à venir. Il est donc utile de vérifier si vous faites partie des bénéficiaires potentielles.

Pourquoi la pension des femmes ayant eu un enfant avant 2012 a été réduite

Dans le régime général, le montant de la pension de base est calculé à partir du salaire annuel moyen. Ce dernier est basé sur les 25 meilleures années de salaire. Lorsqu’une année comprend un congé maternité, le salaire habituel est remplacé par des indemnités journalières de congé maternité, généralement moins élevées. Si cette année figure parmi les 25 retenues, le salaire annuel moyen diminue, ce qui réduit la pension.

Pour les congés maternité commencés avant le 1er janvier 2012, la situation était encore plus défavorable. Les trimestres étaient validés, mais les indemnités journalières n’étaient pas prises en compte dans le calcul du salaire de référence. Ainsi, une année avec beaucoup d’activité pouvait presque ne pas être comptabilisée, pénalisant de nombreuses mères à la retraite.

Comment la réforme de 2023 modifie la prise en compte des indemnités journalières

Depuis la réforme, l’Assurance retraite prend enfin en compte les indemnités journalières de congé maternité pour les congés antérieurs à 2012. Les femmes du secteur privé relevant de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) ou d’une Carsat, qui partent à la retraite depuis le 1er septembre 2023 ou qui y pensent, peuvent bénéficier de cette nouvelle règle si leurs années de maternité figurent parmi leurs 25 meilleures années.

Ce dispositif concerne aussi certaines salariées agricoles affiliées au régime général. La difficulté réside dans le fait que les montants versés il y a plus de vingt ans sont difficiles à retrouver. La CNAV utilise alors une méthode forfaitaire. Elle reconstitue un salaire à partir du salaire médian de l’année précédant le congé, ajusté à la durée du congé maternité, puis majoré de 125 %.

Par exemple, une femme née en 1972, mère de trois enfants nés avant 2012, avec un salaire annuel moyen de 34 320,98 euros, voyait sa pension de 1 429,90 euros nets par mois sans prendre en compte ces indemnités. En intégrant le forfait, sa pension pouvait atteindre 1 455,04 euros nets, ce qui représente un gain d’environ 300 euros par an.

Vérifier et demander la revalorisation de sa pension

Pour savoir si vous pouvez bénéficier de cette mesure, il est conseillé de faire un auto-diagnostic :

  • Vous avez eu au moins un enfant avant 2012.
  • Vous étiez salariée du privé (régime général ou MSA salariés) pendant votre congé maternité.
  • Votre départ en retraite a eu lieu depuis le 1er septembre 2023 ou est prévu prochainement.
  • L’année de votre congé maternité figure parmi vos années de revenus les plus élevés.

Si plusieurs réponses sont positives, il est utile de vérifier vos droits. Commencez par consulter votre relevé de carrière sur Info-retraite.fr ou sur le site de l’Assurance retraite. Vérifiez notamment les années de naissance de vos enfants. Si le salaire indiqué pour ces années semble très faible ou nul alors que vous travailliez, cela peut indiquer une erreur.

Ensuite, contactez votre caisse (CNAV ou Carsat) pour demander la revalorisation de votre salaire annuel moyen, en intégrant les indemnités journalières de congé maternité perçues avant 2012. Il peut être nécessaire de fournir une copie de l’acte de naissance de vos enfants ou une attestation de la Caisse primaire d’assurance maladie mentionnant la date de début du congé maternité. En cas de refus, vous pouvez faire un recours devant la commission de recours amiable dans un délai limité. Cela peut influencer le montant de votre pension pendant plusieurs années.

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