Retraités français : le Portugal n’est plus aussi bon marché qu’avant
De nombreux retraités français envisagent de s’expatrier à la retraite pour profiter d’un coût de vie plus faible. Selon les données de fin 2024, plus d’un million de pensionnés du régime général vivent à l’étranger, avec une majorité ayant choisi le Portugal. Longtemps considéré comme une destination idéale en raison de son climat, de sa proximité et de sa communauté francophone, le Portugal n’est plus aussi abordable qu’il y a quelques années.
Selon Paul Delahoutre, fondateur de Retraite sans Frontières, la priorité pour les retraités est désormais de faire attention à leur budget. Il explique que beaucoup constatent que leur pension diminue et que la fiscalité augmente. Outre le Portugal, l’Espagne et la Grèce, un autre pays européen moins médiatisé offre un rapport qualité-prix très intéressant pour 2026.
Le Portugal en tête, la Bulgarie en forte progression
Le classement 2025 de Retraite sans Frontières place toujours le Portugal en première position, suivi de l’Espagne et de la Grèce. Ce pays bénéficie d’un climat doux, d’un système de santé fiable et d’un cadre de vie agréable. Sur le plan financier, le coût de la vie y est généralement inférieur de 15 à 20 % par rapport à la France, selon le comparatif. D’après Lepetitjournal.com, le prix moyen pour un couple à Lisbonne tourne autour de 1 500 à 2 000 € par mois, avec une consommation électrique environ 20 % plus chère que chez nous.
En revanche, c’est la Bulgarie qui apparaît comme une véritable révélation en matière de pouvoir d’achat. Selon les chiffres d’Eurostat, la Bulgarie affiche le coût de la vie le plus bas de l’Union européenne. Les prix y sont en moyenne réduits de près de 50 % par rapport à la France. Un couple peut y vivre confortablement avec environ 1 200 € par mois, loyer compris. La faiblesse des salaires locaux est compensée par un pouvoir d’achat élevé par rapport à ces revenus, transformant une pension française modeste en revenu de classe moyenne.
Fiscalité avantageuse et cadre européen rassurant
Sur le plan fiscal, la Bulgarie offre une stabilité appréciée. Le pays applique une flat tax à 10 % sur tous les revenus, y compris les pensions privées. La convention fiscale avec la France prévoit une imposition pour les pensions du régime général et des complémentaires françaises, tandis que les pensions privées relèvent du fisc bulgare. Ce taux fixe est souvent plus avantageux que le système progressif français.
Pour s’installer en Bulgarie, il est important de rester dans le cadre européen. Il faut notamment demander le formulaire S1 à sa caisse d’assurance maladie française pour faire reconnaître ses droits santé sur place. Après trois mois, le retraité doit s’enregistrer auprès de l’immigration bulgare pour obtenir un certificat de résidence de longue durée. Comme au Portugal, cette démarche devient obligatoire après trois mois. En France, il faut également déclarer son changement d’adresse, informer ses caisses de retraite et continuer à envoyer chaque année le certificat de vie, désormais accessible en ligne via l’application dédiée.
Préparer son expatriation en Bulgarie
Avant de franchir le pas, il est conseillé de bien préparer son départ. Les spécialistes recommandent notamment de :
- se renseigner sur le coût de la vie, le logement et la fiscalité dans la ville choisie ;
- vérifier la couverture santé, notamment les droits européens et les éventuelles complémentaires ;
- effectuer un séjour de plusieurs semaines pour tester le pays ;
- anticiper la distance avec la famille et les déplacements vers la France.
Un point crucial concerne la langue : la Bulgarie utilise l’alphabet cyrillique. Apprendre quelques bases peut éviter l’isolement, notamment lors des démarches administratives ou médicales. Par ailleurs, certaines régions montagneuses, comme les Rhodopes, sont réputées pour leur longévité exceptionnelle. La consommation quotidienne de yaourt bulgare, riche en Lactobacillus bulgaricus, est souvent évoquée comme un facteur contribuant à cette santé de fer, même si cette tradition est moins connue aujourd’hui.



Laisser un commentaire