Salaires secrets chez France Télévisions : les journalistes muets face à la commission

Les journalistes de France Télévisions restent évasifs sur leur salaire devant la commission d’enquête

Ces derniers jours, plusieurs figures de France Télévisions ont été auditionnées par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Parmi elles, Elise Lucet, Léa Salamé et Laurent Delahousse. Toutes ont évité de donner une réponse précise concernant le montant de leur rémunération.

Lors de leur passage devant les députés, ces journalistes ont préféré rester vagues sur leur salaire. La question de leur rémunération a suscité de nombreuses interrogations, mais aucune des personnes auditionnées n’a voulu entrer dans les détails.

Des réponses peu détaillées

Le 2 février, la commission d’enquête a rencontré Léa Salamé et Laurent Delahousse. La présentatrice du JT de 20h de France 2 a indiqué avoir accepté sa rémunération « sans discussion » et l’a qualifiée de « confortable ». Quant à Laurent Delahousse, qui travaille pour France Télévisions depuis longtemps, il a expliqué percevoir une rémunération correspondant à la grille salariale en vigueur pour son poste, incluant ses responsabilités de rédaction, de présentation, ainsi que ses différentes éditions du journal.

Le 10 février, Elise Lucet, rédactrice en chef de Cash Investigation et Envoyé spécial, a été interrogée sur son salaire. Elle a répondu qu’elle comptait 42 ans de carrière, dont 40 passés à France Télévisions. Elle a précisé que sa rémunération reflétait son expérience, ses responsabilités, sa longévité et son exposition à l’antenne, mais n’a pas donné de chiffres précis, affirmant simplement qu’elle était « vraiment bien payée ».

Une question de vie privée

Les journalistes ont tous rappelé que leur rémunération était vérifiée par un contrôleur d’État dépendant du ministère de l’Économie. Cependant, leurs réponses évasives ont déçu ceux qui souhaitaient en savoir plus.

Il faut aussi souligner que rien n’oblige ces journalistes à dévoiler leur salaire. La commission d’enquête peut convoquer des personnes pour des auditions, mais elle ne peut pas contraindre à répondre à des questions personnelles comme le montant de leur rémunération.

En France, parler d’argent reste un sujet tabou. Le droit du travail protège la vie privée des salariés, notamment en empêchant la divulgation publique du salaire. De plus, dans certains contrats, une clause de discrétion peut renforcer cette confidentialité, rendant toute révélation encore plus difficile.

Une évolution est toutefois prévue. En juin 2026, une directive européenne adoptée en 2023 sera transposée en droit français. Elle imposera aux entreprises de communiquer le salaire moyen versé pour chaque poste, en vue d’accroître la transparence sur cette question.

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