Gros gains en vue : comment profiter des offres ultra-rémunératrices en 2024

Les 6 596 milliards d’euros de patrimoine financier des Français attirent de plus en plus l’attention des banques, assureurs et conseillers en gestion de patrimoine. La concurrence sur ce marché très rentable s’intensifie, notamment avec l’émergence de nouveaux acteurs.

En ce début d’année, les offres promotionnelles se multiplient : fonds en euros rémunérés à 4 ou 5 % pendant un an, livrets bancaires à 5 % pour trois mois, comptes rémunérés à 2 %, ou encore des frais d’entrée divisés par deux. Tous ces efforts visent à capter une part de l’épargne, qui demeure l’un des plus importants d’Europe, représentant 6 596 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025. Ce montant est plus de deux fois supérieur au PIB de la France, qui s’établit à 2 776 milliards d’euros, et il continue de croître.

Ce patrimoine massif pousse les acteurs financiers à redoubler d’efforts. En 2024, les épargnants français ont placé 50,6 milliards d’euros sur leurs contrats d’assurance-vie, un chiffre inédit depuis 2010. Aujourd’hui, cette épargne représente un tiers de l’épargne totale des ménages, avec un encours qui atteint 2 107 milliards d’euros, en hausse de 6,1 % en un an.

Les Français investissent également dans des actions, cotées ou non, pour un total de 2 167 milliards d’euros. Les dépôts bancaires, tels que les comptes courants ou les livrets A, s’élèvent à 2 127 milliards d’euros. La masse d’épargne ainsi accumulée constitue une véritable richesse que de nombreux acteurs cherchent à capter.

Ce contexte d’incertitude économique renforce l’appétit des Français pour l’épargne. La recherche de sécurité et de retraite pousse à davantage d’épargne. Selon France Assureurs, le solde des dépôts et retraits sur les contrats d’assurance-vie a connu une hausse remarquable, avec une collecte record ces dernières années. Les encours de l’assurance-vie ont atteint 2 107 milliards d’euros, en croissance constante, ce qui en fait un pilier majeur de l’épargne des ménages.

Ce montant colossal attise la convoitise des acteurs financiers. La gestion de patrimoine est une activité très rentable, avec une croissance régulière d’environ 4 % par an. Elle résiste aux crises car l’épargne y est majoritairement investie sur le long terme. La distribution de produits financiers y génère des commissions importantes, notamment des revenus récurrents.

Les banques, longtemps maîtresses du marché, doivent maintenant faire face à une concurrence accrue. Bien qu’elles détiennent encore environ 60 % des encours en assurance-vie, en dépôts et livrets, de nouveaux acteurs tentent de leur prendre des parts. Les assureurs traditionnels ont récemment accentué leurs efforts en proposant des taux de fonds en euros attractifs pour 2025, car ils considèrent désormais l’épargne comme un levier de croissance stratégique.

Une guerre de plus en plus féroce

De nouveaux acteurs apparaissent, notamment dans le secteur des mutuelles spécialisées en assurance-santé, prévoyance ou dommages. Certains mutuelles cherchent à diversifier leurs activités. La Mutuelle de la Matmut a ainsi racheté l’assurance-vie de HSBC en France, tandis que Malakoff Humanis a repris Unofi, le bras financier des notaires.

Ces mutuelles investissent aussi dans des cabinets de gestion de patrimoine (CGP), leur permettant d’accéder directement aux épargnants. La Carac, mutuelle des anciens combattants, a repris Astoria et Cedrus & Partners, et Vyv, groupe mutualiste avec Harmonie Mutuelle et MGEN, a acquis Patrimmofi. Selon Guillaume Roux, ces mutuelles sont impliquées dans la majorité des cessions de CGP.

Les CGP, qui ont su attirer des clients déçus des banques traditionnelles, gagnent en importance. Leur part de la collecte en assurance-vie est passée de 3-4 % il y a vingt ans à environ 12 % aujourd’hui, selon David Charlet, président de l’Anacofi. Ces cabinets, souvent petits, attirent aussi des fonds d’investissement. Certains ont franchi le seuil des 20 milliards d’euros d’encours, comme Goldman Sachs, Eurazeo ou Montefiori, en rachetant des concurrents ou en intégrant des sociétés de gestion.

Ils fabriquent aussi leurs propres produits, notamment des produits structurés, qui comportent des frais élevés. Hakim Souanef, de Lumnis Gestion Privée, souligne que cela explique leur forte présence dans le portefeuille de leurs clients.

La digitalisation accélérée de l’épargne, surtout depuis la crise du Covid, favorise l’émergence de nouveaux acteurs en ligne. Des plateformes comme Trade Republic, Bitpanda, Yomoni ou Nalo proposent des frais réduits et attirent une clientèle plus jeune, intéressée par la Bourse ou les cryptomonnaies. Xavier Prin, de BoursoBank, note que le bitcoin et les ETF séduisent particulièrement cette génération.

Les banques doivent réagir rapidement

Face à cette concurrence, les banques traditionnelles ne restent pas inactives. Thierry Mennesson explique qu’elles sont obligées de réagir face à la créativité des nouveaux acteurs et à la pression commerciale exercée par les CGP. Elles placent désormais l’épargne et la gestion de fortune en priorité.

Des établissements comme BNP Paribas, BPCE, Société Générale ou Crédit Agricole investissent massivement dans leurs activités de banque privée. La Banque verte a racheté en 2024 la banque privée belge Degroof Petercam, et LCL a acquis Milleis. D’autres stratégies sont à l’étude, comme s’inspirer des modèles des CGP ou racheter des cabinets pour renforcer leur position.

Les banques visent également la clientèle disposant de patrimoines compris entre 75 000 et 500 000 euros. Leur objectif est de conserver ces clients face à la montée en puissance des acteurs indépendants et des nouveaux services numériques.

Pour Maelys Christmann, le défi principal est de maintenir leurs encours et de conquérir de nouvelles parts de marché. Mathieu Gosselin insiste sur l’importance de proposer des produits adaptés et de simplifier la souscription pour attirer ces clients. L’épargne devient ainsi un outil stratégique pour fidéliser et développer leur activité.

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