Retraités gelés en 2025 : la double peine avec la CSG qui grimpe

Près de 14 millions de retraités perçoivent une pension complémentaire Agirc-Arrco. Contrairement aux retraites de base, qui sont revalorisées chaque 1er janvier, les pensions complémentaires ne sont ajustées qu’au 1er novembre. En 2025, aucune hausse n’a été décidée, ce qui a laissé ces pensions « gelées ». En parallèle, la contribution sociale généralisée (CSG) augmente dès cette année. Beaucoup de retraités vont ainsi « sauter de tranche » et voir leur taux de prélèvement augmenter. Résultat : une baisse nette de leur pension prévue pour mars 2026, avec un rattrapage des mois de janvier et février.

Les raisons d’une baisse brutale des pensions Agirc-Arrco

Un gel des revalorisations en 2025

Les pensions complémentaires Agirc-Arrco ne sont pas revalorisées en janvier, mais en novembre. En 2025, aucune augmentation n’a été décidée par les partenaires sociaux, ce qui a conduit à un gel des pensions. Dans un contexte d’inflation persistante, cette absence de hausse a déjà fragilisé le pouvoir d’achat des retraités. Ce gel marque le début d’une série de mauvaises nouvelles, car il accentue l’écart entre les revenus des retraités et l’augmentation du coût de la vie.

La hausse de la CSG en 2026

La contribution sociale généralisée (CSG) est prélevée sur les pensions selon plusieurs taux : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %, en fonction du revenu fiscal de référence (RFR). En 2026, ce barème sera revalorisé de seulement 1,8 %, alors que les pensions de base avaient augmenté de 5,3 % en 2024. Ce décalage entraîne que de nombreux retraités franchissent le seuil de leur tranche, ce qui leur fait appliquer un taux plus élevé. Par exemple, un retraité seul dont le RFR 2024 dépasse 26 470 € verra son taux de CSG normal de 8,3 % s’appliquer, ce qui représente une hausse importante des prélèvements.

Le rattrapage fiscal en mars 2026

Le nouveau taux de CSG ne sera appliqué qu’à partir de mars 2026. Jusqu’à cette date, les pensions de janvier et février continueront d’être prélevées selon l’ancien barème. En mars, les caisses de retraite effectueront un rattrapage en déduisant à la fois le nouveau taux et les sommes non prélevées durant les deux premiers mois. Concrètement, cela entraînera une baisse importante de la pension nette en mars, qui pourra atteindre plusieurs centaines d’euros, provoquant un choc budgétaire pour certains retraités.

Qui sera concerné et comment se préparer ?

Les retraités aux revenus intermédiaires

Ceux dont le revenu fiscal de référence se situe à la limite des tranches sont particulièrement vulnérables. Une légère augmentation de leurs revenus, liée à la revalorisation des pensions de base ou à des revenus complémentaires, peut les faire basculer dans une tranche supérieure de CSG. Les personnes seules ou en couple ayant un revenu compris entre 17 000 € et 40 000 € seront donc plus exposées à une augmentation des prélèvements. Cela entraînera une baisse de leur pension nette, difficile à compenser.

Les foyers modestes relativement épargnés

Les retraités aux revenus les plus faibles continueront à bénéficier d’une exonération ou d’un taux réduit de CSG. Par exemple, une personne seule dont les revenus annuels ne dépassent pas 13 048 € est totalement exonérée. Ces foyers ne subiront pas la baisse brutale prévue en mars, même si leur pouvoir d’achat reste fragilisé par l’inflation et le gel des pensions complémentaires. Cela montre à quel point le barème de la CSG joue un rôle clé dans la redistribution sociale.

Comment anticiper cette baisse ?

Les experts recommandent aux retraités de vérifier leur avis d’impôt 2025, qui indique leur revenu fiscal de référence 2024. Cela leur permettra de connaître leur tranche de CSG pour 2026. Anticiper cette évolution aide à préparer la baisse de pension et à ajuster son budget. Certains conseillent de mettre de côté une partie des pensions de janvier et février pour faire face au choc de mars. Il est également conseillé de demander des simulations auprès des caisses de retraite pour connaître précisément l’impact sur leur pension nette et mieux planifier cette échéance.

Laisser un commentaire


Vous avez peut-être loupé