Successions en France : Quand la fiscalité peut grimper à 45 % et plus
En France, la fiscalité sur les successions peut réserver des surprises, même pour ceux qui pensent avoir tout prévu. Entre la hausse des valeurs immobilières et le barème progressif de l’impôt, il est possible de voir ses droits de succession atteindre jusqu’à 45 %, voire plus.
Jusqu’à quand le taux maximal de 45 % s’applique-t-il ?
Pour les successions en ligne directe, c’est-à-dire entre parents et enfants, l’administration applique un barème par tranches sur la part nette reçue par chaque héritier, après un abattement de 100 000 €. En 2025, la fiscalité débute à 5 % pour une partie de la succession, puis augmente progressivement jusqu’à 40 % pour des parts importantes. Au-delà de 1 805 677 € par héritier, la tranche ultime de 45 % s’applique.
Bien que ces seuils paraissent réservés aux très gros patrimoines, ils peuvent être atteints plus vite qu’on ne le pense. Par exemple, une maison en zone tendue comme l’Île-de-France, dont la valeur a fortement augmenté, peut faire grimper la part taxable rapidement. Pour un frère ou une sœur, la taxation commence déjà à 35 %, puis atteint 45 % au-delà de 24 430 €. Pour un ami ou un proche sans lien direct, les droits peuvent dépasser 60 % dès les premiers montants.
Une erreur courante : croire que l’abattement suffit
La principale erreur consiste à penser que l’abattement de 100 000 € par héritier suffit à tout exonérer. Si cette somme est importante, elle ne couvre pas la valeur réelle du patrimoine. Par exemple, une maison achetée 200 000 € il y a vingt ans peut aujourd’hui valoir 600 000 €, ce qui peut faire basculer la succession dans des tranches à 20, 30 ou 40 %.
De plus, les personnes sans héritier en ligne directe, comme un frère, une sœur ou un ami, se retrouvent rapidement face à des droits de 45 % ou 60 % sur des parts qui ne paraissent pas excessives. La difficulté est aussi de parler de la succession en famille, ce qui peut retarder la mise en place des démarches chez le notaire.
Anticiper pour réduire la facture
Pour éviter des mauvaises surprises, il est conseillé d’agir de son vivant. L’État encourage les transmissions échelonnées qui permettent de réduire les droits dus au moment du décès. Plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre, souvent avec l’aide d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine :
- La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit, réalisable tous les 15 ans, en profitant des abattements disponibles pour chaque parent ou enfant.
- L’assurance-vie, dont les versements avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, et qui sort de la succession dans la limite de cette somme.
- Le Pacte Dutreil pour transmettre une entreprise, permettant une exonération de 75 % de la valeur des parts.
- Le démembrement de propriété, qui consiste à transmettre la nue-propriété tout en conservant l’usufruit jusqu’à son décès.
En cas de droits élevés, un paiement fractionné ou différé peut aussi être envisagé pour certains biens.



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