Prêt étudiant : repousser le remboursement après vos études peut vous coûter cher
Reporter le remboursement de son prêt étudiant jusqu’à l’entrée dans la vie active, c’est la promesse du différé, qui peut atteindre 60 mois chez BNP Paribas. Mais partiel ou total, ce répit n’est pas toujours gratuit. Décryptage.
Le différé est l’un des principaux atouts du prêt étudiant. Il permet d’emprunter pour financer ses frais de scolarité ou son quotidien sans avoir à rembourser immédiatement le capital. Certaines banques accordent plusieurs années de répit : chez BNP Paribas, le différé total peut par exemple atteindre 60 mois. Une solution particulièrement utile pour un étudiant sans revenus réguliers, puisqu’il peut attendre son entrée dans la vie active avant de supporter ses mensualités.
Mais ce confort n’est pas toujours gratuit. Avec un différé partiel, seuls le capital et son remboursement sont reportés : les intérêts sont payés pendant les études. Avec un différé total, les intérêts sont également repoussés et peuvent s’ajouter à la dette. Pour mesurer l’écart, Capital a simulé des différés de deux, trois et cinq ans pour 20 000 et 40 000 euros empruntés, sur la base d’un taux nominal de 2 %, celui retenu par Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux, que nous avons interviewé.
Différé partiel ou total : quelle différence pour le prêt étudiant ?
Le principe du différé consiste à reporter tout ou partie des remboursements. « Quand on parle d’un différé de remboursement, cela consiste à ne pas rembourser le crédit pendant la durée des études. Vous le remboursez quand vous avez fini vos études et que vous avez trouvé un emploi qui vous donne de nouvelles ressources », explique à Capital Maxime Chipoy.
Avec un différé partiel, l’étudiant ne rembourse pas encore le capital, mais paie les intérêts pendant ses études. Avec un différé total, il ne règle ni le capital ni les intérêts pendant cette période, hors éventuelle assurance. Ces intérêts devront donc être supportés plus tard. Cette seconde solution peut être particulièrement confortable lorsque l’étudiant ne dispose d’aucun revenu. « Rembourser des intérêts peut être un peu plus compliqué quand on n’a pas de revenu et un budget étudiant serré », souligne Maxime Chipoy.
Combien coûte un différé de deux, trois ou cinq ans pour 20 000 euros ?
Pour mesurer ce coût, Capital a retenu un prêt de 20 000 euros à un taux nominal annuel fixe de 2 %, hypothèse également utilisée par Maxime Chipoy lors de notre entretien. Les simulations sont réalisées hors assurance et frais éventuels. Avec un différé partiel, les intérêts représentent 400 euros par an, soit environ 33,33 euros par mois. Deux ans de différé coûtent ainsi 800 euros, trois ans 1 200 euros et cinq ans 2 000 euros. Puisque les intérêts sont réglés au fur et à mesure, le capital restant à amortir à la sortie reste de 20 000 euros.
En différé total, en retenant une capitalisation mensuelle des intérêts, la facture atteint environ 815,52 euros après deux ans, 1 235,67 euros après trois ans et 2 101,58 euros après cinq ans. Au bout de cinq ans sans remboursement, la dette atteint ainsi environ 22 101,58 euros.
Le surcoût propre au différé total reste donc relativement contenu à ce niveau de taux : environ 16 euros sur deux ans, 36 euros sur trois ans et 102 euros sur cinq ans, par rapport au différé partiel. Maxime Chipoy arrive au même ordre de grandeur : « Si on part sur cinq ans, la différence est de 100 euros en coût total à la fin. »
Source : Capital.fr



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