Entretien obligatoire dès 58 ans pour préparer votre fin de carrière

Un entretien obligatoire dès 58 ans pour préparer la fin de carrière

À partir de 58 ans, de nombreux salariés se demandent comment prolonger leur activité jusqu’à la retraite sans s’épuiser. Ce qu’ils ignorent souvent, c’est qu’une disposition du Code du travail leur offre un droit précis : leur employeur doit organiser un entretien de fin de carrière obligatoire à partir de 58 ans. Ce rendez-vous vise à préparer les dernières années de travail.

Ce droit a été instauré par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, appelée Seniors, dialogue social et transitions professionnelles. Publiée au Journal officiel en octobre 2025, cette mesure concerne déjà des milliers de salariés. Pourtant, beaucoup d’entreprises l’ignorent ou la repoussent. Les employés peuvent néanmoins la réclamer, et des sanctions financières existent en cas de non-respect.

Un entretien distinct de l’évaluation annuelle

Selon le site gouvernemental Service-Public, cet entretien s’inscrit dans le cadre du nouvel entretien de parcours professionnel (EPP). Ce dernier permet de faire le point tous les deux ans sur la trajectoire professionnelle d’un salarié. L’entretien de fin de carrière est une étape particulière de l’EPP, centrée sur la période précédant le départ à la retraite. Il ne remplace pas l’entretien annuel d’évaluation, mais s’y ajoute.

Le Code du travail précise que cet échange doit porter sur « les conditions de maintien dans l’emploi et les possibilités d’aménagements de fin de carrière ». En clair, il s’agit d’évaluer comment continuer à travailler dans de bonnes conditions et quels ajustements peuvent être mis en place : organisation du temps, santé, transmission des compétences ou formation pour tenir jusqu’au bout.

Pourquoi cette démarche se concentre entre 58 et 60 ans ?

L’obligation s’applique « dans les deux années qui précèdent les 60 ans » du salarié, explique la fiche officielle mise à jour le 20 février 2026. En pratique, le premier EPP qui intervient entre 58 et 60 ans doit inclure cette étape de préparation à la fin de carrière. C’est une période clé souvent méconnue des services RH.

Ce dispositif concerne tous les salariés relevant du Code du travail, qu’ils soient en CDI ou en CDD, à temps plein ou partiel. Pour les intérimaires ou salariés mis à disposition, le droit s’applique avec leur employeur principal, pas avec l’entreprise utilisatrice. Cette précision évite les malentendus lors de la demande de rendez-vous.

Que faire si rien n’est proposé ou si on veut négocier ?

Ce droit permet aussi de négocier certains aménagements. Parmi les thèmes évoqués par les fiches officielles et les médias spécialisés, on trouve :

  • Temps partiel ou aménagement des horaires
  • Retraite progressive, permettant de réduire son activité tout en conservant une partie du salaire
  • Adaptation du poste ou mobilité interne pour limiter la pénibilité

Si l’employeur ne propose rien, le salarié peut demander par écrit un « entretien de parcours professionnel portant sur le maintien dans l’emploi et les aménagements de fin de carrière ». Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le non-respect répété de cette obligation peut entraîner un abondement correctif de 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) de chaque salarié concerné. Plus la demande est formulée tôt après 58 ans, plus il sera facile d’organiser sereinement ces aménagements.

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