Ces services en porcelaine de Limoges oubliés pourraient vous faire devenir riche
Des services en porcelaine de Limoges oubliés dans les placards
On connaît tous cette vaisselle finement décorée, rangée dans le vaisselier familial. Ces services en porcelaine, souvent hérités d’une tante ou transmis de génération en génération, sont rarement utilisés au quotidien. Pourtant, face à l’inflation et à la montée du marché de la seconde main, certains se demandent si ces objets du passé pourraient avoir une valeur financière insoupçonnée. Depuis quelques années, la porcelaine de Limoges revient sur le devant de la scène. Mais quelle est réellement sa valeur sur le marché ?
Un patrimoine précieux exposé au musée de Limoges
À Limoges, le musée national Adrien-Dubouché possède une collection impressionnante de porcelaines et de céramiques. De la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, en passant par la période Art déco, de nombreux objets ont été fabriqués dans la région. La porcelaine de Limoges, familièrement désignée ainsi, est celle que l’on retrouve souvent dans les placards des grands-parents.
Une demande en hausse et un marché qui s’organise
Collectionneurs, héritiers, passionnés ou revendeurs, tous s’intéressent à ces services. Des entreprises proposent désormais des estimations en ligne spécialisées dans la porcelaine de Limoges, comme Mr. Expert, Millon, EstimonObjet ou France Estimations. Ce phénomène s’amplifie. Lorsqu’un héritage récent est découvert, certains cherchent à connaître la valeur des assiettes ou des services complets.
Il arrive aussi que des personnes contactent directement le musée Adrien-Dubouché pour demander une estimation. Une responsable du musée explique que leur boîte mail est souvent remplie de telles requêtes, mais que le musée ne peut pas répondre directement, car ce n’est pas leur métier. Les porcelaines exposées ont une valeur qui ne peut pas se mesurer simplement comme un objet d’antiquité classique.
Le regard d’un expert limougeaud
Pour mieux comprendre, nous avons interrogé Léonard, antiquaire à Limoges, qui tient une boutique appelée « Le grenier d’Augustine ». Selon lui, « la porcelaine de Limoges suscite un intérêt croissant depuis plusieurs années ». La reconnaissance officielle avec l’obtention d’une Indication Géographique Protégée (IGP) en 2017 a renforcé cette tendance. Cela a permis de lutter contre les contrefaçons étrangères, souvent vendues 30 % moins cher.
Les prix varient selon l’époque et les décors
L’antiquaire explique qu’il achète et vend principalement des services complets. « Je peux en acheter tous les jours et je vends une dizaine chaque année. » Les modèles des années 1980 à 2000 sont particulièrement recherchés. En revanche, les porcelaines plus anciennes, comme celles du XIXe ou de l’Art déco, intéressent toujours mais ne suscitent plus le même engouement auprès du grand public.
Ce qui influence surtout la valeur d’une porcelaine, c’est l’année de fabrication et la qualité des décors peints. La beauté, la finesse et l’état de conservation jouent un rôle clé. La provenance ou la manufacture a peu d’impact sur la valeur marchande.
Le marché du neuf évolue aussi. Les services complets de grandes marques comme Reynaud, Haviland ou Bernardaud voient leurs prix augmenter. Par exemple, une théière en porcelaine de Bernardaud, avec des motifs de l’artiste Joana Vasconcelos, peut valoir jusqu’à 33 600 euros. Un service à thé de la même marque peut atteindre près de 3 000 euros, tandis qu’un plat ou un saladier Haviland oscille entre 600 et 900 euros.
La revente : entre 100 et 1 500 euros
Mais qu’en est-il lorsqu’on revend ces objets ? Si un service neuf peut coûter jusqu’à 15 000 euros, la valeur en occasion est bien inférieure. Beaucoup d’acheteurs se tournent vers le marché de la seconde main, où les prix peuvent varier énormément.
Léonard indique que « les services d’occasion se vendent généralement entre 1 000 et 1 500 euros ». Cependant, il précise qu’il est difficile de vendre ces pièces à Limoges, car tout le monde en possède. Sur internet, notamment sur des sites comme Leboncoin ou Rakuten, les prix sont souvent bien plus bas. Un service à café peut y dépasser à peine une centaine d’euros.
Il ajoute que la porcelaine reste de la porcelaine, avec ses limites. Pour ceux qui héritent d’un service de porcelaine, cela peut représenter une petite source de revenus. Mais la revente reste une niche, et faire appel à un antiquaire limougeaud ou à un professionnel local peut aider à obtenir un meilleur prix. La protection par l’IGP facilite également la revente. Même si la valeur peut surprendre ceux qui sous-estiment ces objets, il ne faut pas s’attendre à des sommes mirobolantes. Toutefois, ces services ont encore de beaux jours devant eux.



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