Retraite anticipée 2026 : ce que les assurés des années 60 doivent savoir
De nombreux assurés nés dans les années 1960 pensaient connaître leur âge de départ en carrière longue. Cependant, un projet de décret lié à la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023 modifie la donne, notamment pour ceux qui envisagent une retraite anticipée à partir de septembre 2026.
Adoptée fin 2025, la loi de suspension prévoit un léger assouplissement des règles pour certaines générations. Ces changements concernent directement les pensions à partir du 1er septembre 2026. Le texte relatif aux carrières longues, qui concerne environ 120 000 départs par an, précise désormais les nouveaux âges de départ et la durée de cotisation requise pour les assurés nés entre 1964 et 1970. Finalement, tout se joue sur quelques trimestres, voire un simple mois de naissance.
Les nouveautés pour la carrière longue à partir du 1er septembre 2026
Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue concerne ceux qui ont validé au moins cinq trimestres avant la fin de l’année de leurs 20 ans (quatre pour une naissance en fin d’année) et qui ont une longue durée d’assurance cotisée. La suspension votée en 2025 ne modifie pas ce principe, mais ajuste l’âge minimal et le nombre de trimestres nécessaires pour différentes générations. La règle s’appliquera uniquement aux départs dont la pension prend effet à compter du 1er septembre 2026 ou après.
Le projet de décret modifie principalement les âges de départ anticipé. Pour les assurés nés en 1964 et 1965, l’espoir d’un départ plus précoce diminue : il n’y aura pas d’abaissement d’un trimestre de l’âge minimal comme initialement prévu. Selon Claude Wagner, de la CFDT retraités, cette mesure ne leur aurait pas permis de gagner du temps, car la date d’entrée en vigueur était tardive, et certains étaient même déjà partis à la retraite.
Impact sur les générations 1964-1970
Concrètement, l’âge minimal de départ en carrière longue reste fixé à 60 ans et 6 mois pour ceux nés en 1964, et à 60 ans et 9 mois pour ceux nés en 1965. Une exception concerne les assurés nés en décembre 1965, dont l’âge minimal sera abaissé à 60 ans et 8 mois pour un départ au 1er septembre 2026. Pour les générations suivantes, entre 1966 et 1970, un trimestre d’âge minimal est réellement gagné par rapport à la réforme de 2023, permettant un départ trois mois plus tôt que prévu.
Concernant la durée de cotisation, les règles restent alignées sur le droit commun. Les personnes nées en 1964, par exemple, bénéficient d’un trimestre de moins, avec une exigence de 170 trimestres au lieu de 171. Les natifs du premier trimestre 1965 gagnent deux trimestres, passant à 170 au lieu de 172. Pour ceux nés à partir de 1966, il faut désormais cotiser jusqu’à 172 trimestres, même si leur âge minimal recule d’un trimestre par rapport à la réforme précédente.
Femmes, enfants et stratégie de départ
Un dispositif spécifique prévoit aussi un coup de pouce pour les mères. Un futur décret permettra de prendre en compte jusqu’à deux trimestres par enfant né ou adopté depuis 2004, pour accéder à la carrière longue. Ces trimestres seront considérés comme cotisés, sans pour autant augmenter le montant de la pension. Cela pourrait permettre à certaines femmes nées entre 1964 et 1970, dont la carrière a été interrompue, de partir plus tôt.
Une question importante concerne le moment du départ : faut-il partir avant ou après le 1er septembre 2026 ? Par exemple, pour une personne née en 1965, la nouvelle réglementation ne s’appliquera que si la pension prend effet à cette date ou après. Un départ en juillet 2026 restera soumis aux anciennes règles. Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de suivre plusieurs étapes :
- Vérifier son relevé de carrière et le nombre de trimestres cotisés réellement ;
- Demander une attestation de carrière longue auprès de sa caisse de retraite ;
- Simuler différentes dates de départ autour de septembre 2026 avant de faire sa demande.



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