400 000 retraités Privés de Leur Pension Complémentaire Année Après Année

Plus de 400 000 retraités perdent chaque année une pension complémentaire

Chaque année, plus de 400 000 retraités français laissent de côté une petite rente à laquelle ils ont pourtant droit. Il s’agit de la pension complémentaire de l’Ircantec, un régime souvent méconnu, même par ceux qui y ont cotisé durant leur carrière. Selon une étude récente, plus d’un affilié sur quatre ne sollicite jamais cette pension, alors même que ses droits sont acquis.

Publié le 10 mars par la Caisse des Dépôts, le rapport indique un taux de non-recours de 27,5 % parmi les 1,59 million d’affiliés concernés. Cela représente plus de 400 000 personnes qui ne demandent pas cette pension. Sur une carrière de vingt ans, la pension moyenne s’élève à 230 € bruts par an, pouvant atteindre 810 € après quarante ans de cotisations. Bien que ces sommes soient modestes, elles peuvent faire une différence pour un budget de retraité souvent serré. Encore faut-il avoir connaissance de leur existence.

La pension complémentaire Ircantec, un régime peu connu

Ce régime est la pension complémentaire Ircantec, un système basé sur des points, destiné aux agents non titulaires de la fonction publique. Les cotisants sont notamment les contractuels de l’État, des collectivités territoriales ou des hôpitaux. Certains titulaires à temps partiel y participent aussi. Ces périodes de cotisation, parfois anciennes, s’ajoutent souvent à d’autres carrières dans le privé ou dans différents régimes publics, rendant parfois la mémoire de ces droits floue au moment de partir à la retraite.

Selon la Caisse des Dépôts, près de 27,5 % des affiliés n’ont pas demandé la liquidation de leur pension, alors qu’ils remplissent les conditions d’âge. Cela concerne plus de 400 000 personnes. La majorité d’entre elles ont accumulé peu de points, parfois en seulement quelques années, ce qui leur donne une pension mensuelle d’une vingtaine d’euros. Pour certains, la démarche administrative semble disproportionnée face à un gain peu élevé.

Les raisons de ce non-recours

La principale explication réside dans la méconnaissance du régime. Beaucoup d’anciens contractuels ignorent qu’ils ont cotisé à l’Ircantec ou confondent cette caisse avec leur régime principal, comme l’Assurance retraite ou l’Agirc-Arrco. La carrière hachée, entre emplois publics et privés, complique aussi la compréhension des droits. De plus, les générations nées autour de 1940 ont reçu moins d’informations personnalisées sur leurs droits que les plus jeunes, ce qui a créé un certain flou.

Un autre frein est le montant perçu, jugé trop faible face aux démarches à effectuer. En moyenne, une personne ayant cotisé vingt ans ne perçoit qu’environ 230 € bruts par an, soit moins de 20 € par mois. Beaucoup reçoivent même encore moins. Pourtant, quelques indices simples permettent de savoir si l’on pourrait bénéficier de cette pension oubliée :

  • Vous avez été surveillant ou assistant d’éducation dans un établissement public.
  • Vous avez travaillé comme contractuel dans une mairie, un conseil départemental ou régional.
  • Vous avez occupé un poste de contractuel dans un hôpital ou un établissement public de santé.
  • Vous avez déjà vu la mention « Ircantec » sur un ancien bulletin de salaire.

Comment vérifier et demander votre pension complémentaire Ircantec ?

Pour réduire ce non-recours, Union Retraite a lancé une campagne d’information en envoyant près de 70 000 courriers à des affiliés nés entre 1945 et 1948, entre mars 2022 et janvier 2024. Selon la Caisse des Dépôts, 25,7 % des destinataires ont ensuite entrepris les démarches pour bénéficier de leur pension, preuve que l’information ciblée fonctionne. Ce type d’opération devrait être renouvelé pour les générations suivantes.

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