Retraite : pourquoi les femmes touchent 28 % de moins que les hommes

La fin de carrière représente souvent un défi pour les femmes qui approchent de la retraite. En 2023, les nouvelles retraitées touchent en moyenne une pension inférieure de 28 % à celle des hommes. Les interruptions de carrière liées au travail à temps partiel, aux congés maternité, aux périodes d’aide ou de chômage ont un impact sur le nombre de trimestres validés. À l’âge de 58, 60 ou 62 ans, chaque trimestre manqué peut peser lourdement sur le montant de la pension, sans que le processus soit encore définitivement fixé.

Les enjeux autour de la fin de carrière sont nombreux : éviter la décote, bénéficier d’un départ anticipé si possible, organiser une transition en retraite progressive, tout en conservant ses revenus actuels. Cependant, les règles du système de retraite sont complexes, et les parcours féminins ont tendance à être plus hachés. Il est donc stratégique de bien connaître ses droits et de prendre des décisions en amont, car quelques arbitrages peuvent influencer durablement le montant de la pension.

Pourquoi la fin de carrière est-elle cruciale pour les femmes ?

Les parcours professionnels des femmes valident souvent moins d’années en assurance continue. Selon Sapiendo, les générations nées à partir de 1966 doivent accumuler 172 trimestres, soit 43 ans, pour atteindre le taux plein. Si ce seuil n’est pas atteint, la pension de base est minorée par une décote, et le taux plein n’est appliqué qu’à partir de 67 ans. Sachant que les femmes vivent souvent plus longtemps et perçoivent une pension plus faible, rater ce quota peut s’avérer très pénalisant.

Partir à la retraite trop tôt, avec des trimestres manquants, entraîne une minoration définitive de la pension de base, pouvant atteindre près de 25 %. Ce risque est accru lorsque la carrière a été marquée par des temps partiels, des congés parentaux ou de longues périodes d’aide, qui génèrent principalement des trimestres assimilés non cotisés. Dans les dernières années de carrière, la question n’est plus seulement « quand puis-je partir ? », mais aussi « avec quel montant de pension à vie ? »

Comment sécuriser ses droits avant la retraite ?

Il est essentiel de connaître précisément son âge de départ à taux plein. Cet âge peut différer de l’âge légal et dépend du nombre de trimestres validés. Dès 55 ans, le relevé individuel de situation permet d’identifier d’éventuelles périodes manquantes ou mal comptabilisées. Une régularisation en rattachant d’anciens emplois, des congés maternité ou du chômage indemnisé peut faire gagner plusieurs trimestres. Si nécessaire, le rachat de trimestres d’études ou d’années incomplètes reste une option, mais il faut en peser le coût, car cette solution n’est pas toujours avantageuse.

Une autre possibilité concerne le dispositif de carrière longue. Il permet un départ anticipé pour ceux qui ont commencé à travailler jeune et cotisé suffisamment longtemps. Il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 21 ans (ou 4 pour une naissance au dernier trimestre) et atteindre une durée d’assurance proche des 172 trimestres. Les trimestres assimilés (maladie, chômage, maternité) comptent aussi, mais en nombre limité, ce qui peut compliquer l’accès pour les parcours féminins interrompus. À partir de septembre 2026, jusqu’à deux trimestres « enfant » pourront être intégrés dans le calcul, ce qui pourrait favoriser une partie des femmes dans ce dispositif.

Les bonnes pratiques entre 55 et 67 ans pour les femmes

La retraite progressive constitue une solution pour une transition en douceur. Dès 60 ans, avec au moins 150 trimestres validés et une activité représentant entre 40 % et 80 % d’un temps plein, il est possible de percevoir une partie de sa pension tout en continuant à travailler à temps partiel. La majorité des bénéficiaires de cette formule sont des femmes, qui continuent à cotiser sur un salaire réduit.

Plusieurs gestes clés sont recommandés en fin de carrière :

  • Faire corriger son relevé de carrière vers 55 ans pour ne rien perdre de ses trimestres ;
  • Simuler différentes dates de départ et estimer le montant de la pension selon diverses options (taux plein, carrière longue, retraite progressive, santé) ;
  • Évaluer l’intérêt de racheter des trimestres et ajuster son épargne pour compenser une baisse de revenus éventuelle.

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