Il découvre à 75 ans une pension qu’il pouvait toucher depuis des années
À l’âge de 75 ans, un homme originaire de Gênes pensait avoir épuisé ses maigres ressources. Vivant dans une situation de grande précarité, il ne disposait que d’une allocation d’inclusion, qui correspond en France au RSA. Pendant des années, il a cru ne pas avoir suffisamment cotisé pour bénéficier d’une retraite digne.
Ce n’est qu’en poussant la porte d’une petite association de quartier qu’il a découvert qu’il pouvait avoir droit à une pension. Au Patronato Inca CGIL, une organisation d’aide aux travailleurs, les bénévoles ont analysé son parcours professionnel et ont retrouvé des cotisations oubliées. Résultat : il aurait pu percevoir une pension d’environ 1 400 € par mois, ainsi que près de 106 000 € d’arriérés qui lui étaient dus depuis longtemps. Une somme qui a changé sa vie du jour au lendemain.
Une pension oubliée qui peut changer une vie
Ce qui a commencé comme une simple demande d’information s’est transformé en une véritable découverte. Les bénévoles ont recoupé ses papiers, contacté les caisses italiennes, et ont reconstitué les années passées en mer. Peu à peu, la carrière de cet homme s’est clarifiée, lui permettant d’obtenir une pension complète.
Le directeur du Patronato Inca CGIL a souligné que rendre leurs droits aux personnes et leur apporter de la sérénité est leur mission. Pour lui, ce type de situation n’est pas isolé. Il explique que beaucoup de gens ignorent souvent leurs droits, ce qui est plus fréquent qu’on ne le pense. Plusieurs personnes, notamment celles avec des carrières fragmentées, des petits boulots ou ayant travaillé à l’étranger, ne réclament pas ce qui leur est dû. Cet homme illustre de façon brutale ce qui arrive lorsque l’on ne réclame jamais ses droits.
En France aussi, la pension oubliée est courante
En France, la pension de retraite est un droit qu’il faut demander. Sans démarche, aucune pension n’est versée. Selon des estimations, parmi les 17 millions de retraités, environ 1 million pourraient percevoir des montants plus élevés s’ils réclamaient tous leurs droits. La Cour des comptes a aussi révélé que 14 % des pensions contiennent des erreurs de calcul, parfois en défaveur du retraité.
La Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques indique qu’environ un tiers des retraités n’a pas demandé tous ses droits, et 7 % n’ont même pas formellement demandé de pension. L’Union Retraite a identifié près de 50 000 personnes avec des droits non liquidés auprès d’une ou plusieurs caisses. Les profils les plus exposés à une pension oubliée sont ceux avec des carrières hachées, des emplois multiples, l’intérim ou ceux qui ont cotisé à l’étranger.
Comment ne pas laisser dormir ses droits à la retraite
Pour éviter de découvrir tardivement une pension non versée, il est conseillé de vérifier ou de créer un compte sur le portail public Info Retraite. Ce service centralise les droits auprès des 35 régimes français, comme l’Assurance retraite, l’Agirc-Arrco ou l’Ircantec, et liste également d’éventuels contrats d’épargne retraite.
Il est préférable d’agir dès que possible, car dans plusieurs régimes, la rétroactivité est limitée à cinq ans. Passé ce délai, les sommes plus anciennes sont perdues.
Pour les personnes âgées fragiles ou bénéficiant du minimum vieillesse, la démarche peut sembler intimidante, surtout sans accès à un ordinateur. Cependant, des services publics ou des associations peuvent accompagner concrètement ces démarches. Voici quelques conseils :
- Demander un relevé de carrière complet via Info Retraite pour identifier les années manquantes.
- Prendre rendez-vous avec une CARSAT ou un centre Agirc-Arrco proche.
- Rassembler ses bulletins de salaire et attestations d’employeur pour prouver les périodes oubliées.
- Se faire accompagner par une maison France Services, une association ou un proche.



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