Retraites 2026 : la revalorisation masque une baisse insidieuse de vos pensions
Retraite CSG 2026 : une baisse de pension malgré la revalorisation
Au début de l’année 2026, de nombreux retraités ont constaté une baisse de leur pension nette, alors que la revalorisation annoncée n’était que de 0,9 %. Cette diminution ne provient pas d’une nouvelle taxe, mais du recalcul de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), de la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) et de la CASA. Ces prélèvements sont désormais calculés à partir du Revenu fiscal de référence 2024, avec des seuils relevés d’à peine 1,8 %.
Selon les profils, l’impact peut varier. Entre taux zéro, taux réduit, médian ou normal, la pension de base et la pension complémentaire peuvent voir leur montant diminuer de plusieurs dizaines d’euros par mois. Pour certains, la baisse atteint jusqu’à environ 150 € brut lors du versement de mars 2026, en intégrant le rattrapage des mois de janvier et février. Derrière ces chiffres se cache une mécanique complexe et, parfois, déroutante.
CSG, CRDS, CASA : quels prélèvements en 2026 ?
En 2026, quatre taux de CSG s’appliquent aux pensions de retraite : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. Dès qu’une pension est soumise à la CSG, elle supporte aussi la CRDS, fixée à un taux unique de 0,5 %. La CASA, à 0,3 %, concerne uniquement les retraités dont la CSG est au taux médian (6,6 %) ou normal (8,3 %).
Ensemble, ces contributions représentent entre 4,3 % et 9,1 % de la pension brute, selon la tranche de revenu. Ces prélèvements concernent les pensions de base et complémentaires des personnes domiciliées fiscalement en France et affiliées à un régime français d’assurance maladie. Certaines situations sont exonérées, notamment les bénéficiaires de minima sociaux, les pensions d’invalidité, de guerre ou les retraités non résidents, qui ne sont pas soumis à ces prélèvements.
Les seuils d’imposition : RFR, parts fiscales et lieu de résidence
Le critère principal pour déterminer le taux applicable reste le Revenu fiscal de référence (RFR) 2024, indiqué sur l’avis d’impôt 2025. Ce critère doit être combiné avec le nombre de parts du foyer et le lieu de résidence.
Pour une personne seule en métropole (1 part), l’exonération totale est maintenue si le RFR ne dépasse pas 13 048 €. Entre 13 048 € et 17 057 €, la CSG est à 3,8 %. De 17 057 € à 26 472 €, elle monte à 6,6 %, et au-delà de 26 472 €, elle atteint 8,3 %.
Dans le cas d’un couple marié ou pacsé sans enfant (2 parts), ces seuils sont respectivement autour de 20 016 €, 26 167 € et 40 604 €. En outre-mer, notamment en Guyane, ces plafonds sont plus élevés, permettant à certains retraités de rester à des taux plus faibles plus longtemps.
Quel sera le montant réel des prélèvements en 2026 ?
En pratique, il existe quatre situations possibles concernant la CSG en 2026 :
- En dessous du premier seuil : aucune CSG, CRDS ou CASA n’est prélevée.
- Entre le premier et le deuxième seuil : la CSG est à 3,8 %, la CRDS à 0,5 %, soit un total de 4,3 %.
- Entre le deuxième et le troisième seuil : la CSG passe à 6,6 %, la CRDS reste à 0,5 %, et la CASA à 0,3 %, pour un total de 7,4 %.
- Au-delà du troisième seuil : la CSG atteint 8,3 %, portant le total à 9,1 %.
Un mécanisme de lissage peut aussi être appliqué, prenant en compte les RFR de deux années consécutives pour limiter les variations brutales de taux.
Pour connaître précisément votre situation, il faut suivre quelques étapes :
- Vérifier sur votre avis d’impôt 2025 votre RFR 2024 et le nombre de parts de votre foyer.
- Identifier si vous vivez en métropole, dans un DOM ou en Guyane.
- Placer votre RFR dans la tranche correspondant à votre zone et à votre nombre de parts.
- Déterminer votre taux de CSG, puis calculer le total des prélèvements (CSG, CRDS, CASA).
- Comparer ce taux avec celui indiqué sur vos relevés de paiement de retraite.
Il est important de noter qu’une partie de la CSG payée sur les pensions reste déductible de l’impôt sur le revenu. Selon le taux, cette déduction varie : 3,8 points pour une CSG à 3,8 %, 4,2 points à 6,6 %, et 5,9 points à 8,3 %. Toutefois, cette déduction ne réduit pas le montant prélevé chaque mois, mais peut alléger l’impôt annuel.
Les revalorisations successives des pensions, combinées à la hausse des seuils d’imposition, expliquent que de nombreux retraités voient leurs retenues augmenter. En 2026, certains peuvent perdre jusqu’à 46 € par mois sur une pension de 1 500 €, avec un prélèvement brut d’environ 140 € en moins lors du versement de mars, en tenant compte des rattrapages.



Laisser un commentaire