Polypensionnés : comment optimiser plusieurs retraites en fin de carrière
Changer d’entreprise, rejoindre une mairie, passer de l’hôpital au secteur privé : ces mouvements entre différents statuts professionnels rythment de nombreuses carrières. Lorsqu’arrive le moment de préparer la retraite, ces parcours deviennent un véritable casse-tête, mêlant plusieurs régimes comme la CNAV, la CNRACL, l’Agirc-Arrco ou la RAFP.
On parle alors de polypensionné : une personne qui perçoit plusieurs retraites, chacune calculée selon ses propres règles. Selon des données de la DREES, un fonctionnaire de l’État pourrait toucher en moyenne 2 440 € bruts par mois en 2026, contre 1 530 € pour un ancien salarié du privé. Cela représente un écart de 910 €. Une partie de cette différence provient d’un calcul méconnu, spécifique aux carrières mêlant secteur privé et secteur public.
Carrière mixte : qui est réellement polypensionné ?
Une personne ayant cotisé à plusieurs régimes, par exemple comme salarié du privé, contractuel dans la fonction publique, puis fonctionnaire titulaire, est considérée comme polypensionnée. Chaque période de travail ouvre des droits dans une caisse distincte, qui calcule la pension selon ses propres critères. Les montants bruts des différentes retraites sont ensuite additionnés.
Une carrière mixte peut donner droit à une retraite de base du privé, versée par la CNAV ou une Carsat, avec une complémentaire Agirc-Arrco. Elle peut aussi entraîner une pension de la fonction publique, versée par le Service des retraites de l’État ou la CNRACL, ainsi qu’une RAFP sur les primes. En plus, il peut y avoir une petite pension Ircantec pour les années en tant que contractuel. La loi Lura facilite la simplification des régimes alignés, mais les fonctionnaires restent souvent traités séparément.
Le piège du calcul de la retraite : pourquoi les 25 années comptent
Pour la retraite de base du secteur privé, le calcul repose sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, avec un taux pouvant atteindre 50 %, ajusté en fonction du nombre de trimestres validés. En revanche, dans une carrière mixte, si vous ne totalisez pas 25 années dans le régime général, la CNAV va prendre en compte toutes vos années de salaire, y compris celles où les revenus étaient modestes.
Chez les fonctionnaires, la pension est calculée à partir du dernier traitement indiciaire brut, généralement les six derniers mois, avec un taux de 75 % pondéré par le nombre de trimestres en tant que titulaire. Exemple avec Martine : sa carrière mixte lui donne 793 € bruts de retraite de base du privé contre 1 328 € issus de la fonction publique, loin des 2 625 € qu’elle aurait perçus si toute sa carrière avait été dans le public.
Marie, 67 ans, ancienne secrétaire médicale, explique : « Ma pension ne couvre plus mes charges fixes depuis le décès de mon mari, alors que j’ai travaillé sans interruption depuis mes 18 ans. » Nathalie, fille d’un retraité du privé, témoigne : « J’ai travaillé toute ma vie, je ne pensais pas devoir aider mes parents dans leur nouvelle vie. »
Comment additionner ses pensions sans surprise
Un polypensionné privé-public doit additionner toutes ses retraites : celle du privé, celle de la fonction publique, les compléments Agirc-Arrco, RAFP ou Ircantec. Par exemple, pour Martine, ses 793 € bruts du régime général s’ajoutent à 1 328 € de la fonction publique, puis à environ 600 € de complémentaires et 50 € de RAFP, pour un total brut d’environ 2 671 € par mois.
Éric, 61 ans, retraité technicien, confie : « Je payais pour tout le monde, aujourd’hui je me sens oublié en voyant les différences avec mes cousins fonctionnaires. »
Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de vérifier sa carrière sur le site Info-Retraite et de déposer une demande dans chaque régime concerné. Jean-Pierre, ex-cadre dans la métallurgie, indique : « Ma retraite est amputée de 400 € par mois. À 72 ans, j’aide encore mes petits-enfants, mais je dois surveiller chaque dépense. »



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