Service militaire : un atout oublié pour booster votre retraite

Une année passée sous l’uniforme peut encore influencer votre retraite, même plusieurs décennies plus tard. En effet, certains anciens appelés ignorent que leur service militaire leur ouvre des droits, sans qu’ils aient forcément cotisé. Ce temps consacré au service national peut être pris en compte pour la retraite de base, à condition de respecter une date clé.

Ces mois passés en uniforme comptent comme des trimestres assimilés, qui viennent s’ajouter à la durée d’assurance. Selon l’article L161-19 du Code de la Sécurité sociale, chaque période de 90 jours de service équivaut à un trimestre. Si ces trimestres sont oubliés, cela peut entraîner une décote d’environ 5 %, soit près de 75 € de moins chaque mois pour une pension brute de 1 500 €. Il est donc conseillé de vérifier son relevé de carrière pour voir si ces trimestres ont bien été pris en compte.

Pourquoi le service militaire est-il important pour la retraite ?

Le service national, y compris celui effectué comme objecteur de conscience, est considéré comme une période assimilée à une période d’emploi. En pratique, toutes les 90 journées de service donnent droit à un trimestre, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Ces périodes s’ajoutent aux trimestres cotisés et peuvent aider à atteindre le taux plein dans le calcul de la retraite.

Pour la retraite anticipée pour carrière longue, jusqu’à 4 trimestres de service national peuvent être considérés comme « réputés cotisés ». Cela peut permettre d’avancer le départ à la retraite d’environ un an si vous avez commencé à travailler tôt. Cependant, ces périodes ne génèrent généralement pas de points dans les régimes complémentaires comme l’Agirc-Arrco ou l’Ircantec, mais elles restent importantes pour atteindre la durée d’assurance requise.

La réforme de 1992 : une date clé

Avant la loi n° 92-9 du 4 janvier 1992, la durée légale du service obligatoire était de 12 mois, soit environ 360 jours. Avec la règle des 90 jours, un service complet d’un an permettait de valider 4 trimestres sur une année civile. Si le service s’étalait sur deux années, il pouvait donc donner droit à 5 trimestres, dans la limite de 4 par an.

Après la réforme, appliquée au contingent incorporé à partir d’octobre 1991, la durée du service a été réduite à 10 mois, soit environ 300 jours. Dans ce cas, le décompte ne permet plus que 3 trimestres validés pour la retraite. Les hommes de la génération X, qui ont effectué leur service dans les années 1990, peuvent donc être plafonnés à 3 trimestres, contrairement à leurs aînés qui pouvaient en obtenir 4. La règle reste la même pour les objecteurs de conscience, calculés sur la même base de 90 jours.

Comment vérifier et faire valider vos trimestres de service militaire

Pour vérifier si vos trimestres ont été pris en compte, connectez-vous à votre compte sur Info-Retraite et consultez votre relevé de carrière. La période « service national » doit y apparaître avec le nombre de trimestres correspondant. Si ce n’est pas le cas ou si le total semble inférieur à la durée réelle de votre service, il est conseillé d’agir deux à trois ans avant votre départ prévu à la retraite.

Pour faire rectifier votre relevé, rassemblez les justificatifs de votre service : livret militaire, carte du service national, certificat de participation ou « état signalétique et des services ». En cas de perte, ces documents peuvent être obtenus auprès des archives militaires, notamment au CAPM de Pau pour l’armée de Terre et la gendarmerie. Ensuite, vous pouvez transmettre ces copies à votre caisse de retraite de base (Assurance retraite, MSA, CNRACL…), qui créditera les trimestres sur votre relevé, un délai pouvant durer plusieurs semaines. Sur une pension brute de 1 500 €, récupérer 4 trimestres manquants permettrait d’éviter une perte d’environ 75 € par mois à vie, soulignant l’importance de faire valider ces périodes.

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