Retraites privées : une baisse surprise dès mars, baisse de dizaines d’euros
Les retraités du privé vont voir leur pension diminuer dès le mois de mars. En effet, leur virement de retraite pourrait être inférieur de plusieurs dizaines d’euros, sans qu’ils aient changé leur situation ou leur montant brut. Cette baisse n’est pas due à une erreur ou à une réforme surprise, mais à une mise à jour officielle.
Cette baisse s’explique par la réforme de la Contribution sociale généralisée (CSG) appliquée en 2026. Selon CNEWS, environ 14 millions de retraités du privé seront concernés. Par exemple, un retraité touchant 1 500 euros brut par mois pourrait voir sa pension réduire de 46 euros brut dès mars, et avec le rattrapage des mois précédents, la perte pourrait atteindre 140 euros brut. La variation dépend du revenu fiscal de référence 2024.
Pourquoi la pension baisse-t-elle en mars ?
La CSG est une contribution sociale prélevée sur les pensions. En 2026, le taux de prélèvement dépend du revenu fiscal de référence (RFR) de 2024, indiqué dans l’avis d’imposition reçu à l’été 2025. La revalorisation des pensions en 2024 de 5,3 % n’a pas suivi l’augmentation des seuils du barème CSG, qui n’ont progressé que de 1,8 %. Cela signifie que certains retraités ont vu leur revenu imposable augmenter plus vite que leurs seuils, ce qui les a fait basculer dans un taux de CSG supérieur, sans gain réel de pouvoir d’achat.
La mise à jour des taux de prélèvement ne s’applique pas simultanément à tous les régimes. Les régimes de base ont ajusté leur CSG dès le début de l’année, mais la retraite complémentaire Agirc-Arrco peut appliquer ce nouveau taux seulement lors de son versement de mars 2026, avec un rattrapage des deux premiers mois. La pension, versée le premier jour ouvré du mois, sera donc versée le 2 mars. Quand la CSG augmente, d’autres prélèvements sociaux comme la CRDS (0,5 %) et la CASA (0,3 %) suivent également, portant la totalité des prélèvements à environ 9,1 % de la pension brute.
Quels retraités seront concernés par cette baisse ?
Pour savoir si votre pension sera impactée, il faut comparer votre revenu fiscal de référence 2024 à la grille du barème CSG 2026, en fonction de votre nombre de parts fiscales. Par exemple, pour une personne seule, le taux de CSG est de 0 % jusqu’à 13 048 euros, puis de 3,8 % entre 13 049 et 17 057 euros, de 6,6 % entre 17 058 et 26 471 euros, et de 8,3 % au-delà. Pour un couple à deux parts, les seuils sont doublés.
Concrètement, un retraité percevant 1 500 euros brut par mois qui passe du taux réduit de 3,8 % à 6,6 % pourrait perdre environ 46 euros brut par mois, soit près de 555 euros par an. La régularisation en mars pour janvier et février pourrait faire perdre jusqu’à 140 euros en un seul versement. Certains retraités ne seront pas affectés, notamment si leur RFR a diminué ou si leur situation les maintient sous le seuil du taux inférieur.
Une situation tendue pour la retraite complémentaire
Ce changement intervient dans un contexte déjà difficile pour la retraite complémentaire. Selon CesdeFrance, les pensions Agirc-Arrco ne seront pas revalorisées en 2026, suite à un gel décidé après l’échec des négociations entre syndicats et patronat en 2025. Un nouveau rendez-vous est prévu en mars 2026. Si aucun accord n’est trouvé, des actions en justice pourraient être envisagées pour faire revaloriser ces pensions.
Pour les retraités, il est important d’anticiper le montant qu’ils recevront réellement. Vérifier leur avis d’imposition 2025, connaître leur revenu fiscal de référence et le comparer aux seuils du barème 2026 permet d’estimer le taux de CSG appliqué. Consulter leur espace personnel sur les sites de l’Assurance retraite et de l’Agirc-Arrco peut aussi aider à vérifier le taux exact et à préparer son budget pour le versement du 2 mars 2026.



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