Retraités à l’étranger : votre pension en danger, répondez vite à la nouvelle procédure

Une nouvelle procédure pour les retraités à l’étranger

Un courrier inattendu de la part de votre banque pouvant conditionner le versement de votre pension n’est pas à prendre à la légère. Pour plus de 400 000 Français vivant hors de l’Hexagone, cette situation devient désormais la règle : ils doivent répondre à une convocation bancaire pour continuer à percevoir leur pension complémentaire Agirc-Arrco. Ignorer cette démarche peut entraîner une suspension des paiements.

Les raisons de ce contrôle accru

Le régime Agirc-Arrco, qui verse près de 90 % des retraites complémentaires du secteur privé, cherche à mieux contrôler les droits versés aux retraités résidant à l’étranger. Actuellement, environ 1,9 million de personnes touchent une pension française à l’étranger, pour un montant annuel d’environ 5,9 milliards d’euros. La Cour des comptes estime que certains pays présentent des fraudes potentielles pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros. Cela explique le lancement d’une campagne de contrôles inédite.

Pourquoi ce contrôle massif est-il lancé ?

Lorsque des retraités vivent à l’étranger, il devient plus difficile pour les caisses de vérifier leur décès. Un seul décès non déclaré peut entraîner le versement indû de plus de 250 000 € sur vingt ans. Avec des milliers de dossiers, cela représente un coût important pour le système. Les tests effectués par l’Agirc-Arrco ont montré que près de 25 % des pensions examinées ont été suspendues pour irrégularités.

Les convocations ne sont pas toujours honorées : entre 20 et 25 % des pensions restent coupées après contrôle. L’objectif est d’auditer 400 000 dossiers d’ici 2030, en commençant par l’Algérie, où 60 000 convocations seront envoyées chaque année à partir de 2025, pour couvrir tous les retraités en six ans. Le directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse insiste sur la nécessité d’être ferme face aux fraudes.

Qui est concerné par la convocation bancaire ?

Les retraités à l’étranger bénéficiant d’une pension Agirc-Arrco sont principalement visés. Cela concerne notamment ceux résidant dans des pays à risque comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ou la Turquie. Tous doivent déjà envoyer chaque année un certificat de vie pour prouver leur existence, sauf dans certains États européens où les échanges d’informations sont automatisés.

La nouveauté réside dans la participation directe des banques locales partenaires. Le retraité reçoit un courrier ou un message lui indiquant un rendez-vous en agence. Il doit alors se présenter avec plusieurs documents, tels qu’une pièce d’identité valide, un justificatif de domicile local, et un relevé d’identité bancaire ou équivalent.

Lors de cette rencontre, un agent vérifie les documents et transmet une confirmation électronique à l’Agirc-Arrco. Pour ceux ayant des difficultés à se déplacer, une procédure via smartphone avec reconnaissance faciale et selfies sécurisés est également disponible, permettant de réduire les délais à quelques heures.

Conséquences en cas de non-réponse et conseils pour éviter la suspension

Si le retraité ne répond pas à la convocation ou ne fournit pas le certificat de vie, l’Agirc-Arrco suspendra le versement de sa pension complémentaire. La pension sera alors stoppée jusqu’à la présentation d’une preuve d’existence jugée valable. Il est possible de rétablir les droits, mais le délai dépend de la rapidité de la réponse, ce qui peut entraîner des trous de trésorerie.

Pour éviter cette situation, il est conseillé de surveiller régulièrement ses courriers et messages bancaires, de vérifier que ses coordonnées sont à jour auprès de l’Agirc-Arrco, et de conserver ses justificatifs d’identité. En cas d’impossibilité de se déplacer, il est recommandé de contacter sa caisse ou sa banque pour demander un report ou d’utiliser les services en ligne, comme le portail « Ma retraite à l’étranger » ou l’application « Mon certificat de vie ».

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