Réforme du PER : la fin des avantages fiscaux pour les seniors

Le Plan d’Épargne Retraite (PER), très populaire en France avec plus de 12 millions d’adhérents, connaît sa première grande réforme depuis la loi Pacte. Sous prétexte de mesures techniques, le gouvernement a introduit un verrou fiscal ciblant particulièrement les épargnants seniors. L’objectif est de recentrer le PER sur sa fonction principale : financer la vie après la carrière, plutôt que l’optimisation successorale. Pour les seniors, cette réforme nécessite une révision immédiate de leur patrimoine, car les avantages fiscaux d’hier ne seront plus garantis à partir de 2026.

Un nouveau cadre fiscal pour les seniors actifs

Fin de la déductibilité après 70 ans

Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Même pour un senior qui travaille et perçoit une pension, cet avantage fiscal disparaît. Auparavant, un contribuable imposé à 30 % pouvait réduire son impôt de 3 000 € en versant 10 000 € sur son PER. Désormais, cet avantage n’est plus accessible après cet âge. Cette modification oblige à anticiper et maximiser les versements déductibles avant 70 ans.

Des plafonds revalorisés, mais inaccessibles pour certains

Paradoxalement, les plafonds de déduction pour les plus jeunes ont été augmentés en 2026. Selon Bourse Inside, le plafond annuel de la Sécurité sociale s’établit à 48 060 €, ce qui fixe le plafond de déduction à 37 680 € pour les salariés. De plus, le report des plafonds non utilisés est étendu de trois à cinq ans. Ces mesures semblent avantageuses, mais elles ne concernent que ceux qui n’ont pas atteint l’âge limite. Pour les plus de 70 ans, ces droits à déduction deviennent inopérants, rendant le PER beaucoup moins attractif qu’auparavant.

Un arbitrage vers l’assurance-vie

Face à la perte d’avantages fiscaux liés au PER après 70 ans, l’assurance-vie reprend de l’attrait pour les seniors. Contrairement au PER, elle permet de continuer à investir avec une fiscalité avantageuse lors de la transmission, même après 70 ans (avec un abattement de 30 500 € sur les primes). Ce transfert d’épargne devient une alternative stratégique pour ceux qui veulent continuer à placer des fonds sans subir la rigidité du nouveau régime du PER. La flexibilité de gestion de l’assurance-vie compense désormais l’absence d’un avantage fiscal immédiat, propre au PER.

Une sortie en capital plus coûteuse

Augmentation des prélèvements sociaux à 18,6 %

Le Budget 2026 ne limite pas seulement les versements ; il alourdit également les prélèvements lors de la sortie. La CSG et autres prélèvements sociaux sur les gains du PER passent de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse, liée à l’augmentation de la contribution sociale généralisée, réduit le rendement net de l’épargne lors du déblocage. Tous les types de contrats, y compris ceux assurantiels, sont concernés. L’objectif est de mobiliser davantage l’épargne retraite pour financer la dépendance et le système social.

Une « flat tax » qui atteint 31,4 %

En conséquence de cette hausse sociale, la taxe forfaitaire sur les plus-values lors du retrait en capital passe de 30 % à 31,4 %. Ce prélèvement s’applique à la part des gains réalisés. Les retraités qui comptaient utiliser leur PER pour financer un achat immobilier ou des travaux devront désormais supporter une fiscalité plus lourde. Il devient essentiel de calculer précisément le rendement réel de son contrat, en tenant compte de cette nouvelle fiscalité qui grignote une partie importante des gains accumulés.

Stratégies d’ajustement pour les derniers versements

Pour limiter l’impact de ces changements, il est conseillé d’anticiper ses versements avant 70 ans afin de profiter pleinement des plafonds déductibles. Après cet âge, il peut être judicieux d’effectuer des versements non déductibles pour réduire la fiscalité lors du retrait ou d’opter pour d’autres supports d’épargne. La planification doit également prendre en compte le mode de sortie, comme la rente viagère, qui reste une option mais subit aussi la hausse des prélèvements sociaux. Une analyse personnalisée est plus que jamais indispensable pour naviguer dans ce contexte fiscal en mutation.

Laisser un commentaire


Vous avez peut-être loupé