Jack Lang : un salaire de 9 250 € qui fait polémique
Une rémunération qui suscite la controverse
Depuis 2013, Jack Lang, ancien ministre de la Culture, occupe la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA). En novembre 2025, une publication sur X a affirmé qu’il toucherait 10 000 € par mois, financés par l’argent des contribuables français. Cette déclaration, bien qu’exagérée, s’appuie sur des faits réels. Selon le rapport 2024 de la Cour des comptes, son salaire brut mensuel s’élève en réalité à 9 250 €, sans compter ses retraites.
L’IMA n’est pas une organisation privée. Elle reçoit chaque année une importante subvention de l’État français. Depuis 2017, cette aide financière s’élève à 12,35 millions d’euros, versés par le ministère des Affaires étrangères. À cela s’ajoutent parfois des fonds du ministère de la Culture, ainsi que les recettes générées par la billetterie, le mécénat et autres activités de l’institut, selon 20 Minutes.
Jack Lang considère son salaire comme normal
Créé en 1980, l’IMA fonctionne sur un principe de cofinancement : 60 % financés par la France et 40 % par les États arabes fondateurs. Cependant, ces pays participent de moins en moins, voire plus du tout, au financement, tout en conservant une place au conseil d’administration. Aujourd’hui, la majorité du budget de l’institut provient des fonds publics français. La Cour des comptes a d’ailleurs souligné un « déficit structurel d’exploitation » récurrent.
Dans ce contexte, le salaire de 9 250 € par mois de Jack Lang en tant que président apparaît comme un symbole du coût que l’institution représente pour les contribuables. Ce qui agace davantage, c’est que l’octogénaire lui-même trouve « normal » de percevoir une telle rémunération. Invité sur La Chaîne parlementaire, il a précisé que ce montant était « brut » et non net. Il a aussi déclaré qu’il serait « anormal qu’un président d’une haute institution comme celle-là soit sous-payé ».
Ce que l’on ignore sur le salaire de Jack Lang
Le rapport de la Cour des comptes ne permet pas de déterminer précisément la part du salaire de Jack Lang qui provient de la subvention d’État. L’IMA n’a pas confirmé cette ventilation. Son financement est en effet mixte : subventions, recettes propres, mécénat. Même si la majorité du budget vient de l’aide publique, l’institut génère également des revenus par la billetterie, les expositions ou les dons, ce qui complique la traçabilité exacte des flux financiers.
Par ailleurs, la subvention de l’État n’a pas été revalorisée depuis plus de 15 ans, malgré l’inflation. Cela souligne les tensions budgétaires auxquelles l’institut doit faire face, mais aussi sa survie dans un cadre de plus en plus contraint.



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