Suspension de la loi sur les Retraites :qu’est ce que ca change pour vous ?

De nombreux actifs proches de la retraite se demandent désormais non plus « quand partir à la retraite ? » mais « combien de mois puis-je encore gagner ? ». Avec la suspension de la réforme des retraites prévue par le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2026, le dispositif de départs anticipés pour carrière longue évolue. Le relevé de carrière, déjà complexe, devient un véritable casse-tête entre trimestres cotisés, âge légal et nouvelles règles temporaires.

À partir du 1er septembre 2026, un nouveau calendrier s’appliquera pour les départs anticipés liés à la carrière longue. Certains assurés nés entre 1964 et 1968 pourraient réduire leur durée de travail de 3 à 6 mois. Cependant, cette « bonne nouvelle » ne sera effective que si la date de liquidation est bien choisie. En effet, un seul choix de date peut tout changer.

Ce que la suspension de la réforme change pour la carrière longue en 2026

En 2023, la réforme avait repoussé l’âge légal de départ et durci les conditions pour un départ anticipé. Avec l’adoption du PLFSS 2026 en décembre 2025, cette trajectoire a été partiellement suspendue. L’âge légal est désormais fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’à fin 2027, avec 170 trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein. Cela modifie immédiatement les règles pour ceux qui veulent partir en retraite anticipée pour carrière longue.

Selon les experts, cette situation est à la fois technique et pratique. Valérie Batigne, fondatrice de Sapiendo, explique que la suspension de la réforme impacte l’éligibilité à la retraite anticipée. Certaines personnes pourraient devenir éligibles alors qu’elles ne l’étaient pas auparavant, ou partir un peu plus tôt. Son rôle, comme celui de ses collègues, est d’apporter de la clarté dans un contexte où les règles changent fréquemment. Les repères habituels d’âge et de durée d’assurance ne suffisent plus dans cette période d’incertitude.

Le nouveau calendrier pour la carrière longue en 2026 : quels âges de départ ?

Le dispositif de carrière longue reste réservé aux personnes ayant commencé à travailler très tôt, avec au moins 4 ou 5 trimestres validés avant la fin de leur année de naissance (16, 18, 20 ou 21 ans). Pour bénéficier du dispositif, il faut totaliser entre 170 et 172 trimestres en fin de carrière. Seuls certains trimestres comptent dans le calcul : trimestres cotisés, ainsi que quelques trimestres assimilés, comme ceux pour invalidité, avec des plafonds limités (par exemple, deux trimestres pour invalidité).

À partir du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres pour enfants seront aussi considérés comme cotisés. Cette mesure, encore limitée, sera surtout avantageuse pour les femmes. Pour ceux nés entre 1964 et 1968, qui ont commencé leur carrière avant 20 ans, voici les nouvelles dates de départ possibles :

  • Nés en 1964 ou début 1965 : départ possible à 60 ans et 3 mois, avec 170 trimestres.
  • Nés entre avril et décembre 1965 : 60 ans et 6 mois, avec 171 trimestres.
  • Nés en 1966 : 60 ans et 9 mois, avec 172 trimestres.
  • Nés en 1967 : 61 ans, avec 172 trimestres.
  • Nés en 1968 : 61 ans et 3 mois, avec 172 trimestres.

Quelle date viser pour ne pas perdre de mois ?

Le changement de calendrier concerne uniquement les pensions dont la date d’effet est fixée au 1er septembre 2026 ou après. C’est là où se trouve le piège : un assuré de carrière longue né début 1965 qui choisit de partir avant le 1er septembre 2026 restera soumis à l’ancien calendrier. En revanche, s’il reporte sa liquidation au 1er octobre 2026, il pourra potentiellement gagner jusqu’à six mois de travail en évitant de cotiser pour ces mois supplémentaires.

Ce principe s’applique aussi aux categories actives et super-actives de la fonction publique, qui peuvent, dans certains cas, récupérer un trimestre supplémentaire en reportant leur départ.

Il est donc crucial pour les salariés de vérifier leur relevé de carrière dès maintenant. Il faut distinguer les trimestres déjà validés de ceux réputés cotisés. Il est également conseillé de simuler plusieurs dates de départ autour du 1er septembre 2026. Pour les employeurs, notamment dans les secteurs où la carrière longue concerne près d’un départ sur cinq, il est recommandé d’analyser les profils des salariés nés entre 1964 et 1968. Cela permet d’intégrer ces départs anticipés dans la gestion des ressources humaines, en évitant notamment les ruptures de compétences. La réalisation d’un bilan retraite individuel peut également aider à sécuriser la date de départ et à planifier les recrutements à venir.

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