Retraités : pourquoi deux pensions de 1500 € coûtent moins cher qu’une de 3000 €

Retraités : pourquoi deux pensions de 1 500 € coûtent moins cher au fisc qu’une seule de 3 000 € ?

Deux retraités proches ont chacun un revenu annuel de 36 000 €. L’un perçoit une seule pension de 3 000 € par mois, tandis que l’autre vit en couple, avec chacun 1 500 € par mois. Bien que leur revenu brut soit identique, leur montant net après impôts et prélèvements sociaux peut varier considérablement.

Ce phénomène s’explique par le système fiscal français, qui combine un barème progressif de l’impôt sur le revenu, le quotient familial et le Revenu fiscal de référence (RFR). Ces éléments jouent sur le montant final de l’imposition, notamment via la contribution sociale généralisée (CSG).

Comment l’impôt sur le revenu agit-il dans ces situations ?

Le calcul de l’impôt se déroule en trois étapes : d’abord, le revenu net imposable est divisé par le nombre de parts du quotient familial. Ensuite, on applique le barème progressif (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %), puis on multiplie le résultat par le nombre de parts.

Pour 2024, la tranche à 11 % concerne un revenu compris entre 11 498 € et 29 315 €, tandis que celle à 30 % va de 29 316 € à 83 823 €. Les pensions bénéficient d’un abattement de 10 %, avec un minimum de 450 € par retraité et un plafond de 4 399 € par foyer.

Dans le cas d’un retraité seul touchant 3 000 € par mois (36 000 € par an), le revenu net imposable après abattement s’établit à environ 32 400 €. L’impôt qui en découle est proche de 2 900 €. En revanche, deux retraités en couple, chacun percevant 1 500 € par mois (soit 18 000 € par an), ont un revenu imposable individuel d’environ 16 200 €, avec un impôt d’environ 500 € chacun. Le total pour le couple se situe donc autour de 1 000 €, alors que le revenu brut est identique.

La CSG : comment le revenu fiscal influence-t-il la taxation ?

La contribution sociale généralisée (CSG), la CRDS (0,5 %) et la contribution additionnelle pour l’autonomie (Casa, 0,3 %) sont prélevées sur les pensions. Le taux de CSG appliqué dépend du RFR et du quotient familial, avec quatre taux possibles : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %.

Pour 2026, un retraité seul avec une pension de 36 000 € pourrait être soumis à une CSG à 8,3 %, si son RFR dépasse 26 471 €. Avec un RFR d’environ 32 400 €, la pension serait alors taxée à près de 9,1 %, ce qui représente environ 3 300 € de prélèvements annuels. En revanche, un retraité percevant 18 000 € brut par an, avec un RFR d’environ 16 200 €, sera soumis à une CSG à 3,8 %, soit une ponction d’environ 770 € par an. Deux pensions de 18 000 € supportent donc environ 1 550 € de prélèvements, contre plus du double pour une seule pension à 36 000 €.

Le rôle crucial du foyer fiscal

Pourquoi certains couples ne bénéficient-ils pas toujours de cet avantage ? La réponse réside dans la composition du foyer fiscal. Deux concubins déclarent séparément, chacun avec une part, leur propre RFR et leur propre taux de CSG. Ainsi, ils restent dans des tranches d’imposition faibles, à 11 % pour l’impôt et 3,8 % pour la CSG.

En revanche, pour un couple marié ou pacsé, le revenu est regroupé dans un seul foyer avec deux parts. Le RFR est alors calculé sur la somme des revenus, ce qui tend à lisser le montant imposable. Que les pensions soient versées à un seul conjoint ou réparties en deux, le total reste le même. La différence apparaît surtout lorsque les deux retraités ont chacun leur propre foyer fiscal et franchissent ou non certains seuils de RFR.

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