Il découvre qu’il peut prendre sa retraite deux ans plus tôt grâce à une surprise inattendue

René, 61 ans, pensait devoir rester encore deux ans à l’usine. Sur son relevé de carrière, il lui manquait trois trimestres « cotisés » pour bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue. Il avait donc décidé de partir à 63 ans, sans espérer plus tôt. Jusqu’au jour où un conseiller lui a posé une question surprenante : avait-il effectué son service militaire ?

En vérifiant ses dossiers, René a découvert qu’il pouvait déposer un dossier de retraite anticipée immédiatement. En intégrant son service militaire effectué en 1982, il pouvait ainsi gagner deux années de cotisations supplémentaires, ce qui lui permettait de partir plus tôt. Cette opportunité repose sur une règle précise du Code de la sécurité sociale, souvent méconnue, qui permet à certains de partir un an plus tôt sans en avoir forcément conscience. Tout se joue sur quatre trimestres, souvent invisibles sur le relevé.

Service militaire et carrière longue : un levier pour partir plus tôt

Le dispositif de « retraite anticipée pour carrière longue » autorise un départ avant l’âge légal de 64 ans. Il concerne ceux qui ont commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et qui ont accumulé la durée d’assurance requise. Cette durée peut aller jusqu’à 172 trimestres pour les générations récentes. Le calcul combine les trimestres réellement cotisés et ceux réputés cotisés.

Selon l’article D.351-1-2 du Code de la sécurité sociale, le service militaire donne droit à un trimestre réputé cotisé pour chaque période de 90 jours de service national, consécutifs ou non. La limite est fixée à 4 trimestres sur toute la carrière. En pratique, 10 à 12 mois d’armée correspondent généralement à quatre trimestres, ce qui peut réduire d’un an le temps nécessaire pour partir à la retraite si toutes les autres conditions sont réunies.

Les subtilités des trimestres : validés, cotisés et réputés cotisés

Le premier compteur de trimestres additionne ceux qui ont été validés : emploi, chômage, maladie, maternité, invalidité, certains congés familiaux. Ce total sert pour atteindre le taux plein à l’âge légal. Pour la retraite pour carrière longue, la règle est plus stricte : seuls les trimestres cotisés par le travail et certains périodes réputées cotisées comptent.

Le service militaire est plafonné à 4 trimestres réputés cotisés, tout comme la maladie ou l’accident du travail (4), le chômage indemnisé (4) ou l’invalidité (2). Ces plafonds peuvent s’additionner, permettant à une personne d’utiliser plusieurs périodes pour atteindre la durée requise. Par exemple, si quelqu’un manque de trois trimestres, il peut compenser avec des périodes de service militaire et de chômage.

Il arrive que le service national ne figure pas sur le relevé de carrière à cause d’erreurs ou d’omissions. Certains perdent ainsi la possibilité de partir plus tôt. En janvier 2026, une question écrite à l’Assemblée nationale a souligné que les engagés de plus de 12 mois, comme les volontaires de service national, voient une partie de leur service rester invisible pour le calcul.

Comment agir pour partir un an plus tôt grâce au service militaire

Pour vérifier si votre année d’armée peut vous faire partir un an plus tôt, voici quatre étapes simples :

  • Vérifier que vous avez validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 20 ou 21 ans, selon votre génération.
  • Contrôler précisément vos compteurs de trimestres cotisés et réputés cotisés, pas seulement le total de ceux validés.
  • Repérer sur votre relevé les périodes de service national et compter le nombre de mois effectués.
  • Ajouter ces mois à vos autres trimestres cotisés et réputés cotisés, en respectant les plafonds, puis comparer le total à la durée nécessaire pour votre génération.

Il est conseillé de demander à votre caisse de retraite une « attestation de retraite anticipée pour carrière longue » 6 à 12 mois avant la date souhaitée, sans arrêter de travailler avant de l’obtenir.

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