Découvrez le droit méconnu qui peut booster votre retraite en aidant un proche
Aider un proche malade, un parent âgé ou un enfant lourdement handicapé demande beaucoup de temps et d’attention. Cependant, l’administratif peut facilement passer au second plan. Pourtant, derrière cet engagement discret, se cache un droit concret : l’affiliation gratuite à l’ancienne Assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF), devenue Assurance vieillesse des aidants (AVA). Ce droit peut influencer le montant de votre future retraite. Mais il reste souvent invisible si aucune démarche n’est effectuée auprès de la CAF.
Une réforme pour valoriser l’aide des aidants
Depuis le 1er septembre 2023, l’AVA remplace l’AVPF. Elle permet à un aidant de valider des trimestres comme s’il percevait au moins le SMIC. En 2024, un trimestre est reconnu sur la base d’un revenu fictif de 2 355 €, sans que l’aidant ait à cotiser. La clé pour bénéficier de cette validation est d’être correctement déclaré. Sinon, la CNAV ne pourra pas inscrire ces trimestres sur votre relevé de carrière.
Comment l’AVS des aidants agit sur votre retraite
Ce dispositif repose sur la solidarité nationale, comme prévu par le Code de la sécurité sociale. La CAF affilié l’aidant, verse des cotisations vieillesse à la CNAV, qui crédite alors des trimestres sur la carrière de l’assuré. La CNSA rembourse la branche famille pour les aidants de personnes handicapées ou en perte d’autonomie. Chaque trimestre validé correspond à une cotisation minimale calculée sur un salaire équivalent au SMIC, ce qui évite des périodes sans droits, dites “blanches”.
Pour bénéficier de ces droits, il faut prendre soin régulièrement d’un proche dont le taux d’incapacité permanente atteint au moins 80 %. L’aidant ne doit pas travailler ou doit exercer une activité à temps partiel. Pour ceux qui prennent soin d’un adulte, un plafond de ressources d’environ 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale s’applique. Les parents ou proches d’un enfant handicapé peuvent aussi être affiliés via l’AVPF ou l’AVA, notamment en lien avec des prestations comme l’AEEH ou la PCH, ou encore un congé proche aidant indemnisé par l’AJPA.
Les erreurs fréquentes qui bloquent l’inscription des trimestres
La principale erreur consiste à ne pas se déclarer comme aidant auprès de la CAF ou de la MSA. Beaucoup considèrent leur rôle comme un devoir familial, sans réaliser qu’il peut ouvrir des droits sociaux. Si aucune prestation familiale n’est perçue, ils n’alertent pas la CAF et ne demandent pas l’affiliation à l’AVA via le formulaire de la MDPH. Conséquence : aucune information n’est transmise à la CNAV, et ces années d’aide ne figurent pas sur le relevé de carrière, ce qui peut réduire la pension de retraite.
Un exemple concret : Michel, 70 ans, a aidé sa femme lourdement handicapée pendant 5 ans. Il pensait que seul les parents d’enfants handicapés pouvaient bénéficier de ce dispositif. Lors d’un rendez-vous, une conseillère de la CARSAT a souligné l’absence de trimestres. Après une régularisation, Michel a obtenu 20 trimestres supplémentaires, lui permettant d’atteindre le taux plein et d’éviter une décote de 10 % sur sa pension. Ce genre de démarche est encore possible pour les périodes antérieures à septembre 2023 avec l’AVPF. En revanche, l’AVA ne couvre que les périodes postérieures à cette date, sans possibilité de rétroactivité.
Les bons réflexes pour faire valoir vos droits
Pour régulariser votre situation, commencez par vérifier si vous apportez une aide régulière, non professionnelle, à un proche en situation de handicap ou très dépendant. Ensuite, contactez la CAF ou la MSA pour demander l’étude de vos droits à l’AVA ou, pour le passé, à l’AVPF. Il est nécessaire de fournir des documents comme les notifications de la MDPH, les décisions d’APA ou d’AEEH, les avis d’imposition, ou des preuves de votre vie commune. Sur le formulaire MDPH, une case spécifique doit être cochée pour demander l’affiliation à l’AVA lors du renouvellement de la demande de la personne aidée.
- Recenser toutes les périodes pendant lesquelles vous avez réellement agi comme aidant familial.
- Réunir tous les justificatifs liés au handicap, à la cohabitation et aux ressources.
- Faire une demande écrite à la CAF pour l’étude ou la régularisation de l’AVPF ou de l’AVA.
- Vérifier votre relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite pour confirmer l’inscription des mentions “Assurance vieillesse du parent au foyer” ou “Assurance vieillesse des aidants”.
En cas d’années non prises en compte, il est possible de saisir la commission de recours amiable de la CAF avec un dossier détaillé. Il est également conseillé de contrôler régulièrement votre relevé de carrière et de dialoguer rapidement avec la CAF ou la CARSAT pour éviter de découvrir trop tard des trimestres manquants au moment de la retraite.



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