Retraite anticipée : Attention aux oublis qui peuvent tout chambouler
Retraite anticipée et carrière longue : attention aux oublis avant 20 ans
Un emploi d’été oublié, un apprentissage qui n’a pas été reporté, et votre projet de retraite peut en être affecté. Le dispositif de carrière longue, prévu par le Code de la Sécurité Sociale, permet parfois d’avancer son départ à la retraite d’un ou deux ans. Cela peut aussi éviter une décote importante sur le montant de la pension.
Pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) offre la possibilité, via lassuranceretraite.fr, de partir avant l’âge légal. Cela est possible si la durée d’assurance requise est réunie et si au moins 4 ou 5 trimestres ont été validés avant la fin de l’année de leurs 20 ans. Toutefois, ces périodes, parfois très anciennes, doivent apparaître sur le relevé de carrière, ce qui n’est pas toujours le cas.
Le rôle crucial des trimestres avant 20 ans dans la carrière longue
Le dispositif carrière longue trimestres avant 20 ans concerne ceux qui ont commencé à travailler dès leur adolescence. Selon l’Assurance retraite, un départ anticipé entre 60 et 62 ans reste possible si l’assuré a commencé à travailler avant ses 20 ans, a validé au moins 5 trimestres (ou 4 pour une naissance en fin d’année) avant cette échéance, et a accumulé le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein.
Pour vérifier ses droits, l’administration ne se limite pas aux trimestres cotisés par un salaire. Elle prend aussi en compte d’autres trimestres réputés cotisés, comme ceux liés au service national, au chômage indemnisé ou à une maladie. Cependant, des erreurs peuvent survenir, notamment pour les années de jeunesse : jobs d’été, contrats courts, apprentissage. Le report de ces périodes sur le relevé de carrière peut parfois être oublié ou mal effectué par la CNAV.
Les coûts d’un trimestre manquant à la retraite
Selon l’Assurance retraite, une pension de 1500 € subit une décote de 10 % si tous les trimestres requis ne sont pas validés. La pension passe alors à 1350 €, ce qui représente une perte de 150 € chaque mois. Si un trimestre manquant empêche d’accéder au dispositif carrière longue, il faut alors travailler plus longtemps ou accepter cette réduction de pension à vie.
À l’inverse, régulariser 4 trimestres oubliés peut vous faire économiser jusqu’à 6000 € sur deux ans, en vous permettant de partir plus tôt et sans décote.
Martine, par exemple, a vécu cette situation concrètement. À 61 ans, elle pensait devoir travailler jusqu’à 64 ans pour une retraite à taux plein. En vérifiant son relevé, elle a constaté que ses 4 trimestres d’apprentissage en pâtisserie à 19 ans n’étaient pas comptabilisés. Après avoir fourni ses contrats, la CNAV a rectifié son dossier en trois mois. Résultat : elle a pu partir deux ans plus tôt, avec une pension complète. Elle estime que cette régularisation lui a permis de gagner l’équivalent de 250 € par mois à vie, en évitant la décote et en percevant deux années de pension supplémentaires.
Comment vérifier et sécuriser ses trimestres avant la retraite
La CNAV recommande de commencer par consulter votre relevé de carrière. Sur www.lassuranceretraite.fr, vous pouvez accéder à votre espace personnel, télécharger votre Relevé de Situation Individuelle, et vérifier que toutes les années précédant vos 20 ans sont bien inscrites. Cela concerne tous vos jobs d’été, apprentissages ou premiers contrats, même pour quelques semaines.
En cas d’oubli, le service « Mettre à jour mon relevé de carrière », accessible dès l’âge de 55 ans, permet d’envoyer des documents comme bulletins de paie, contrats d’apprentissage ou certificats de travail. Pour le service national, l’« état signalétique et des services » fourni par le Centre des Archives du Personnel Militaire de Pau peut valider jusqu’à 4 trimestres réputés cotisés. Ce document est souvent la clé pour faire valider une carrière longue.



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