Retraités : leur abattement de 10 % sauvé pour 2026, une bonne nouvelle!

Les retraités peuvent respirer. Après des semaines d’incertitude, il est désormais officiel : leur avantage de 10 % d’abattement sur leur pension sera maintenu en 2026.

Au début de l’automne, une inquiétude pesait : l’abattement de 10 % pourrait être remplacé par un forfait fixe. En effet, un article du projet de loi de finances pour 2026 envisageait de revoir en profondeur la fiscalité des pensions.

Heureusement, à l’issue des débats à l’Assemblée nationale, cette mesure a été purement et simplement supprimée. Lors du vote, la majorité des députés, y compris des élus de divers partis, ont rejeté cette modification. La phrase clé aujourd’hui : pour 2026, il est trop tard pour changer cet avantage.

Ce que le gouvernement voulait changer avec le forfait de 2 000 €

Actuellement, les pensions de retraite imposables bénéficient d’un abattement de 10 %, appliqué automatiquement par l’administration fiscale. Selon la doctrine de Bercy, cet abattement ne peut pas être inférieur à 450 € par retraité, ni dépasser 4 399 € par foyer pour les revenus 2024. Ce plafond est revalorisé chaque année.

Ce mécanisme profite davantage, en valeur absolue, aux pensions plus élevées, jusqu’à atteindre le plafond. Le gouvernement voulait remplacer cet abattement par un forfait fixe de 2 000 € par retraité, soit 4 000 € pour un couple. L’objectif était de simplifier la fiscalité et de favoriser une justice fiscale. La réforme aurait permis des économies d’environ 1,2 milliard d’euros par an, tout en réduisant l’impôt de 1,6 million de retraités modestes, représentant entre 15 et 20 % des retraités.

Une réforme jugée défavorable aux classes moyennes retraitées

Selon le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, cette réforme aurait eu des effets négatifs. Il estime que 39 % des retraités auraient été perdants, contre seulement 12 % qui auraient bénéficié d’un avantage. La hausse d’impôt aurait commencé dès 1 667 € de pension mensuelle, ce qui concerne souvent des retraités de la classe moyenne, déjà imposables.

Plusieurs élus ont dénoncé ce qu’ils appellent une « double peine » : la réforme fiscale combinée à la stagnation des pensions. La contestation a été forte, ce qui a conduit à la suppression de l’article 6 du projet de loi le 21 octobre, puis à un vote massif en faveur de cette suppression le 13 novembre à l’Assemblée nationale.

Une coalition large s’est formée pour s’opposer à cette mesure, regroupant des partis de gauche, du Rassemblement national, des Républicains, des écologistes et le groupe Liot. Seul le groupe Horizons a soutenu la réforme, majoritairement. La crainte d’une hausse d’impôt pour une majorité de retraités a pesé lourd dans la décision.

Ce que cela signifie pour votre impôt en 2026

Le calendrier parlementaire explique pourquoi il est désormais considéré comme trop tard pour adopter le forfait de 2 000 € dès 2026. La suppression de cette mesure du texte budgétaire signifie que, pour la déclaration de revenus 2026 (revenus 2025), le mécanisme reste inchangé :

  • Pour un retraité avec une petite pension, le minimum de 450 € continue de s’appliquer si 10 % de la pension est inférieur à ce montant.
  • Pour une pension moyenne, par exemple 1 500 € par mois, l’abattement reste de 10 % de la pension annuelle, sans dépasser le plafond.
  • Pour une pension plus élevée, l’avantage fiscal est limité par le plafond de 4 399 € par foyer.
  • Pour un couple de retraités, les deux pensions sont additionnées, mais le plafond global reste le même.

Laisser un commentaire


Vous avez peut-être loupé