Pension de réversion : ce que vous ne savez pas pourrait vous coûter cher

Pour de nombreux veufs et veuves, la pension de réversion constitue une aide financière essentielle après le décès du conjoint. Elle est versée par l’Assurance retraite, une caisse de la fonction publique ou une caisse complémentaire. Ce montant vient compléter leurs revenus et assurer la stabilité financière du foyer. On pense souvent que cette pension est garantie à vie, quels que soient les changements de situation.

En réalité, ce droit est soumis à des règles strictes. Il peut être réduit ou même supprimé en fonction de vos ressources, de votre régime de retraite ou de votre situation familiale. Une augmentation de revenus ou un remariage peuvent entraîner une baisse ou la fin totale de la pension de réversion. Mieux vaut connaître ces cas pour éviter les mauvaises surprises.

Les règles de la pension de réversion avant toute modification

Dans le régime général de l’Assurance retraite, la pension de réversion de base représente 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint décédé. Pour en bénéficier, il faut avoir été marié, même en cas de divorce, et avoir au moins 55 ans. Il est important de noter que ni le Pacs ni le concubinage ne donnent droit à cette réversion de base.

À partir du 1er janvier 2026, le plafond annuel de ressources pour bénéficier de la pension de réversion sera fixé à 25 001,60 € si vous vivez seul, et 40 002,56 € si vous vivez en couple. Ces plafonds prennent en compte les salaires, pensions et certains revenus de patrimoine, en tenant compte uniquement de 70 % des revenus d’activité.

Si vos ressources, combinées à votre pension de réversion, dépassent ces plafonds, la caisse peut réduire ou suspendre la pension pour rester sous la limite, voire la supprimer complètement.

Situations pouvant conduire à une réduction ou une suppression

La pension de réversion n’est pas toujours définitive. Elle peut être revue à la hausse, à la baisse ou suspendue en cas de changement de situation ou de ressources. Il est impératif d’en informer votre caisse (Carsat) en cas de modification, afin d’éviter un trop-perçu à rembourser plus tard.

Les principales situations à risque sont :

  • Une augmentation de revenus (nouvel emploi, hausse de salaire, nouvelle pension) ;
  • Le passage de la vie seule à la vie en couple (mariage, Pacs, concubinage) ;
  • Le remariage qui, dans certains régimes, peut entraîner la perte de la pension ;
  • La fin d’une majoration liée à des enfants à charge ou une évolution de leur situation ;
  • Une erreur de calcul ou une mise à jour des ressources par la caisse.

Vivre en couple augmente généralement les revenus du foyer et peut faire dépasser le plafond, entraînant la perte de la réversion de base même sans remariage. Par exemple, une personne divorcée ou célibataire ayant peu de revenus pourrait percevoir une pension complémentaire, mais si elle se remarie, cette pension peut disparaître.

Dans la majorité des régimes, le Pacs n’entraîne pas la perte de la réversion. Cependant, dans le régime de la fonction publique, remariage ou Pacs peuvent faire perdre ce droit, indépendamment des ressources.

Quand la pension de réversion devient définitive

Ce droit n’est pas révisable indéfiniment. Selon l’article R353-1-1 du Code de la Sécurité sociale, une révision ne peut intervenir plus de trois mois après que le bénéficiaire ait commencé à percevoir la pension. Après ce délai, son montant devient stable, sauf en cas d’erreur manifeste ou de fraude.

Pour ceux qui n’ont pas ou peu de droits à une retraite personnelle, c’est l’âge légal de départ à la retraite, actuellement 64 ans, qui sert de référence. Au-delà de cet âge, la pension de réversion ne peut plus être modifiée en fonction des ressources. Il est conseillé de prévenir l’organisme verseur dès que vous faites valoir vos droits à la retraite pour éviter tout trop-perçu ultérieur.

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