Retraites Agirc-Arrco 2025 : une année blanche qui inquiète les retraités

Une année blanche pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco en 2025

Pour les millions de salariés du secteur privé, la retraite complémentaire représente une part importante de leur revenu après la fin de leur carrière. Gérée par le régime unifié Agirc-Arrco, elle s’ajoute à la pension de base versée par la Sécurité sociale. Chaque année, beaucoup attendent avec impatience la décision sur une éventuelle hausse de cette retraite complémentaire, espérant qu’elle suivra l’inflation.

Mais pour l’année 2025, la réponse est sans appel : il n’y aura aucune revalorisation. Lors du conseil d’administration du 17 octobre 2025, aucune augmentation n’a été décidée. La pension complémentaire restera donc gelée au 1er novembre 2025, tout comme la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Une décision qui suscite de nombreuses questions sur ses implications et ses raisons.

Qu’est-ce que ce gel signifie pour les retraités ?

En pratique, cela veut dire que le montant brut de la pension complémentaire ne changera pas en 2025, même si le coût de la vie continue d’augmenter. Alors que, pour l’année 2025, l’inflation hors tabac prévue par l’Insee est de 1 %, la pension ne bénéficiera d’aucune augmentation automatique. Normalement, cette revalorisation suit l’évolution des prix, diminuée de 0,4 point, ce qui aurait permis une hausse théorique d’environ 0,6 %.

En 2023 et 2024, des ajustements avaient été possibles, avec des hausses respectives de 4,9 % et 1,6 %. Mais en 2025, la décision a été prise de ne pas augmenter les pensions, ce qui constitue une année blanche pour la revalorisation des retraites complémentaires.

Les règles de la revalorisation des retraites Agirc-Arrco

Le processus de revalorisation est encadré par un accord datant du 5 octobre 2023. Chaque année, les membres du conseil d’administration calculent un taux basé sur l’inflation hors tabac estimée par l’Insee, auquel ils soustraient systématiquement 0,4 point. Ce taux peut ensuite être ajusté à la hausse ou à la baisse de 0,4 point, en fonction de la santé financière du régime et de la conjoncture économique.

Selon François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco, la gestion des réserves financières joue un rôle clé dans cette décision. Il explique que « ces réserves sont placées dans l’économie française et européenne » et qu’« ils n’ont aucun euro de dette ». Il précise également que « les partenaires sociaux regardent toujours les réserves à un horizon de 15 ans » pour décider d’une éventuelle revalorisation. La gestion de ces réserves vise à garantir le paiement des pensions dans la durée.

Les réserves financières du régime

Près de 27 millions de Français cotisent au régime, qui dispose de plusieurs dizaines de milliards d’euros en réserves. Ces fonds sont destinés à assurer le paiement des pensions, même en période de baisse ou d’incertitude économique.

Les conséquences du gel pour les retraités

Concrètement, le gel à 0 % implique que le montant brut de la pension complémentaire reste identique en novembre 2025. Alors que les prix continuent d’augmenter, cette absence de revalorisation crée un décalage. Par exemple, alors que la pension de base versée par l’Assurance retraite a été augmentée de 2,2 % au 1er janvier 2025, la pension complémentaire ne bouge pas. Ce décalage alimente les inquiétudes des retraités et des actifs sur leur pouvoir d’achat futur.

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